samedi 28 février 2026

Des livres et du crochet, la suite

 Vous vous souvenez peut-être de mon projet de plaid fait de carrés crochetés aux couleurs des couvertures de livres que j’ai lu. Il a commencé avec le premier livre lu en 2025 et se poursuit, je vous en ai parlé ici.

Je viens d’assembler les carrés 19 à 27. C’est chouette mais on est loin des 81 carrés pour une couverture de taille raisonnable.

Dans ma liste de livres 2025, il en reste 5 qui n’ont pas encore reçu leur carré, et un carré attend ses camarades. Et dans ma liste 2026, j’ai lu seulement 5 livres ! Note à moi-même : c’est bizarre, tu n’en aurais pas oublié un, qui n’aurait pas été noté dans ton fichier ?

Bref, à ce stade d’avancement de mon projet ça donne les chiffres suivants :

  •          27 carrés assemblés
  •      28 carrés crochetés
  •      10 carrés à crocheter
  •      Encore 43 livres à lire et à crocheter.

Au-delà des bilans chiffrés, je ne peux pas m’empêcher de faire une analogie avec un projet industriel, comme j’en ai vécu beaucoup au cours de ma carrière.

Les similitudes sont nombreuses, les différences aussi.

Aujourd’hui je vais parler des différences. Dans d’autres billets j’évoquerai les similitudes.

Un projet industriel commence toujours par (entre autres), une contrainte de temps : le nouveau produit doit être mis en production à telle date pour être vendu à telle date. C’est essentiel pour arriver sur le marché au bon moment : celui qui va correspondre à une attente des clients, celui qui permet de ne pas être doublé par un concurrent, celui qui assure la pérennité financière de l’entreprise.

Pour moi le temps est une conséquence. L’objectif est de faire un plaid aux couleurs des livres que j’ai lus, pour m’amuser. Pour pouvoir m’envelopper dans ce plaid en regardant la télé, il lui faut certaine taille. Compte tenu de la taille unitaire d’un carré, je dois en crocheter 81, et compte tenu de ma vitesse de lecture, il faudra deux ans et demi en tout.

Dans l’intervalle je pourrai me réchauffer autrement, ce n’est pas grave. Le temps n’est pas une contrainte. Le plaisir oui.

Lorsque l’industrie lance un nouveau projet, elle lui affecte généralement un budget. Si je m’étais imposé cette contrainte, cela aurait signifié utiliser une quantité de pelotes définies à l’avance, avec des couleurs imposées. Donc de choisir des livres dont les couvertures utilisent des couleurs présentes dans mon stock.

Et bien non. Le plaisir de lire, c’est aussi le plaisir de choisir chaque livre librement, sans contrainte. Ce qui m’impose régulièrement d’acheter de nouvelles laines pour crocheter les bonnes couleurs. Ce constat a fait germer l’idée d’un deuxième plaid, fait à partir des laines qui resteront à la fin du projet en cours. Avec un motif et un assemblage des couleurs différents. Pour que ces achats aient été utiles jusqu’au bout.

La semaine prochaine, un billet consacré aux prises de décisions au fil de l’eau. Puis un consacré à la production en série.