mardi 26 juillet 2016

mon programme littéraire de l'été 2016



Comme il ne faut pas trop bousculer les traditions, voici la liste de mes lectures pour l’été ! Enfin celle que je prévois car, vous me connaissez, je peux à tout instant me laisser attirer par un bouquin qui passe dans mes parages…

Voici donc les nominés :

Stefan Zweig, légende d’une vie.
Parce que j’ai adoré vingt-quatre heures de la vie d’une femme, éblouissant d’intelligence et de subtile pénétration de l’âme humaine

Ernest Hemingway, Paris est une fête           
         Parce que je ne l’ai pas lu en novembre dernier, ni en décembre, ni après…

Jean-Pierre Luminet, La discorde céleste
Parce que, même si le secret de Copernic ne m'a pas enchantée, car pas très bien écrit, j’adore les récits romancé des grandes aventures scientifiques. Le sommet pour moi ? Les cheveux de Bérénice, par Denis Guedj

José Saramago, Caïn
Ici une explication un peu plus fouillée s’impose : j’ai souvent du mal avec les prix Nobel de littérature. Les grands-mères de Doris Lessing m’a laissée de marbre. Home de Tony Morrison était un peu trop complexe à mon goût, le fantastique et le réel trop intimement mêlés pour moi. Dora Bruder de Patrick Modiano ne m’a pas fascinée… J’ai eu aussi quelques réussites avec les Nobel : JMG Le Clézio, Imre Kertesz. Et j’ai eu un coup de foudre pour José Saramago en lisant la lucidité. Donc je replonge dans son humour corrosif !

Luis Sepulveda, L’ouzbek muet
Parce que c’est le recueil de nouvelles que j’ai offert à mon homme pour la sant Jordi. C’est lui qui a choisi, mais j’ai envie de savoir ce dont il retourne

Pete Fromm, comment tout a commencé
Parce que j’ai demandé à mon frère de me prêter Indian Creek, qu’il n’a plus ce bouquin (sans doute prêté et jamais récupéré) et qu’il m’a proposé celui-là à la place.



J’ai donc une bonne raison pour chaque livre, et une raison bien plus profonde que « c’est un livre qu’il faut absolument avoir lu ! » (Je déteste les « il faut »…)

Et comme il ne faut pas trop bousculer les traditions (zut, j’ai dit il faut), un compte-rendu de mes lectures est prévu à la rentrée !

lundi 18 juillet 2016

Fini l'écriture



Quelques amis, gentiment, me poussent à écrire. Celle-ci m’offre des carnets, celle-là m’indique un concours d’écriture. Mais rien ne vient plus. Je suis sèche, les idées ne coulent plus de mes yeux, mes oreilles. Mes idées me venaient en observant le monde, et mes contemporains. En regardant les paysages, les jeux des enfants, en écoutant les conversations avec attention. Mes yeux et mes oreilles fonctionnent toujours, à plein. Mais les sensations ne se convertissent plus en projet littéraire, quel qu’il soit.

Certains me diront que j’ai écrit récemment, ou publié. Les nouvelles que j’ai mise sur A l’encre bleu nuit avaient été écrites il y a longtemps, et j’ai en effet commis quelques poèmes, dont j’étais fière. Mais je ne retrouve plus cette envie de prendre la plume pour raconter une histoire ni cette fécondité qui transformait chaque instant un peu marquant en un livre potentiel.

Beaucoup d’événements sont à l’origine de cette sècheresse, sur lesquels je ne m’appesantirai pas. Parmi eux il y a eu la diffusion très modeste de mon livre d’un monde à l’autre.

J’avais mis beaucoup de moi et surtout beaucoup d’énergie dans son écriture. La première novella a été écrite le soir après le travail, une heure par jour, ce qui exige beaucoup de discipline. La deuxième a consommé de nombreuses heures de mes vacances. On ne s’investit dans un telle entreprise que parce qu’on y croit. Les personnes qui ont lu ces textes les ont aimés mais elles sont peu nombreuses. Et bien entendu j’ai été déçue.

Depuis j’ai réfléchi et je suis arrivée à plusieurs conclusions

D’abord l’autoédition est un piège, car le vrai problème dans l’édition d’un livre n’est pas l’orthographe, la syntaxe, ou la couverture. Le problème c’est qu’il faut que des gens en parlent, c’est la com-mu-ni-ca-tion. Et pour cela je ne dois pas être très douée.

Ensuite, les sujets sur lesquels j’ai envie d’écrire ne sont peut-être pas ceux qui intéressent les lecteurs. Très bien, j’en prends acte, mais c’est un problème de fond car… je ne peux pas écrire sur des sujets qui ne me motivent pas !

Enfin, il y a trop de gens qui écrivent en France, trop d’amateurs qui hantent les salons du livre locaux, trop de romanciers en herbe qui n’attendent que d’éclore. Certains sites internet ou articles parlent de 7000 personnes ! Une de plus, c’est donc une de trop.

Vous me voyez venir, non ? Alors je me lâche, je le dis : je n’ai plus envie d’écrire. Je ne dis pas qu’un ou deux poèmes ne naitront pas encore sous ma plume. Et comme il ne faut jamais dire jamais, je ne dirai pas qu’aucune nouvelle ne prendra forme sur un carnet. Mais pas pour l’instant.

C’était mon coming out personnel.

mardi 21 juin 2016

Monsieur le président



Mon blog est censé parler de littérature, de livres, de culture... J'ai longtemps hésité avant de publier cette lettre car elle n'y a pas vraiment sa place. Ma colère est cependant profonde et j'avais besoin de dire ce que je ressens. Pour ne pas exploser comme une cocotte-minute, et parce que je sais que les élections présidentielles ne me permettront pas d'exprimer mon avis. Je me jette donc à l'eau, je me dévoile.  
Bonne lecture, et toutes mes excuses à ceux que cette tribune pourrait surprendre !

Monsieur le président

En 2012 j’ai voté pour vous, dans l’espoir d’une société plus juste, plus égalitaire, qui se préoccupe des gens en difficulté et des laissés pour compte.

Vous avez engagé votre quinquennat sur des actions pour réduire la dette. J’étais sceptique car je ne voyais pas comment cela irait dans le sens de mes souhaits. Cependant j’ai accepté de payer plus d’impôts, et j’ai continué à espérer.

Vous avez parlé du choc de simplification. J’ai vu là une excellente idée, un vrai potentiel pour améliorer les choses petit à petit, sans grande loi mais avec pragmatisme. Hélas rien n’en n’est sorti.

Vous avez parlé du pacte de responsabilité. L’idée d’une démarche donnant –donnant entre les entreprises et les citoyens me plaisait. Encore un soufflé qui devait retomber, avec le renoncement à toute obligation pour les entreprises.

La grogne est montée dans le peuple. Il l’a dit haut et fort dans les élections locales. En réponse à cette grogne, vous avez nommé Manuel Valls, qui est juste l’antithèse des aspirations des français. Là ma colère a commencé, car au fond, votre décision était un déni de démocratie. Le peuple demande une chose, mais la tête de l’état la refuse, au prétexte qu’il sait mieux ce qu’il faut faire. Ce n’est pas ma conception de la démocratie.

Il y a eu Charlie. Passé le moment d’émotion, vous avez laissé vos ministres parler de laïcité, la porter en étendard, comme outil pour répondre au problème. Grave erreur : le problème ne réside pas dans la laïcité, surtout pas dans cette laïcité militante, mais dans le sentiment d’abandon que ressent une grande partie du peuple. Il fallait parler de vivre ensemble, pas de laïcité.

Ensuite, la crise grecque, et la crise des migrants. L’Europe a apporté des réponses catastrophiques aux malheurs de ces peuples, à mille lieues de ce demandaient les français. Nous souhaitions de la solidarité, de l’accueil, de la fraternité. Votre gouvernement n’en a pas fait preuve.

Il y a eu le 13 novembre. Et la proposition de déchéance de nationalité. Encore une proposition navrante, dans son inefficacité, dans l’inégalité qu’elle provoque, dans son populisme.

Et maintenant, la loi travail. Une loi préparée au mépris de deux de vos engagements : « l’ennemi c’est la finance », et les engagements sur le dialogue social. Votre gouvernement et vous-même y faites preuve d’une inattention dramatique aux aspirations des français, d’un autoritarisme de mauvais aloi, alors que c’est la police qui est incapable de maîtriser les casseurs (rappelons que c’est son rôle et pas celui des services d’ordre des syndicats). Là encore, vous foulez au pied des droits auxquels je tiens.

J’ai beaucoup réfléchi aux présidentielles futures.

Quel que soit le candidat socialiste, je ne voterai pas pour lui. Soit il émanera de votre tendance, et je le récuse, soit il émanera de ces risibles frondeurs qui n’ont jamais réussi à aller au bout de leurs idées et à renverser votre gouvernement.

Je ne peux pas voter à droite, qui ne professe pas les idées de fraternité que je revendique.

Je ne peux pas voter à l’extrème gauche, car sortir de l’Europe de l’Europe n’est pas une option.

Je voterai donc blanc au premier tour, et pour le candidat le moins catastrophique au second.
Monsieur le président, c’est à vous que je dois d’être contrainte à ce choix, je ne vous en remercie pas