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mardi 2 avril 2013

Rencontre ratée avec Borges



J’ai racontée ici même (lien) comment la lecture de Borges, idée qui m’effrayait depuis longtemps, est devenu une évidence… Hélas, la rencontre tant attendue n’a pas eu lieu.

J’ai lu une dizaine des treize textes qui composent le livre de sable.  L’écriture est simple, belle, fluide. Premier « conte » : Borges rencontre un autre lui-même, plus jeune de cinquante ans, sur un banc dans un parc ou au bord du lac de Genève. Une belle fable, avec une morale – on n’apprend rien des autres, et surtout de soi-même - mais déjà un hic : la fin ne revêt pas ce caractère inattendu qu’ont généralement les nouvelles, surtout sud-américaines.

S’ensuivent alors des textes bâtis sur les mêmes briques : un narrateur qui semble être un double de l’auteur raconte des faits qui lui ont paru extraordinaires, mais qui peuvent laisser le lecteur froid. A la fin du conte, la situation que le lecteur laisse derrière lui est d’une extrême banalité. On ne peut s’empêcher de se dire « et alors ? » comme si on attendait une suite ou une morale.

En plus du premier, deux contes m’ont plus accrochée : « utopie d’un homme qui est fatigué » et « le stratagème ».  mais je l’avoue, je me suis lassée de cette lecture que j’ai abandonnée à trois contes de la fin. 

je suis sans doute passée à côté de quelque chose, mais quoi ? 

Chronique d’une rencontre ratée


mardi 19 mars 2013

Et Borges vint à moi



Il y a quelques jours, j’écrivis ceci sur Twitter : 

« sur les conseils d'une personne très proche, je vais m'attaquer à des nouvelles de Borges... Sans doute mon prochain #vendredilecture », 

suivi d’un deuxième tweet : 

« en fait j'ai jamais lu Borges #dimancheconfession #lasttweet ».   

A noter : pour les non initiés à Twitter, inutile d’essayer de comprendre ce qu’il y a derrière les #, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est Borges.

En effet, un internaute, @VirgusSanders, me répondit : 

« Les livres de Borges se font connaître à vous lorsque vous êtes prête. Ce doit être maintenant. » 

Un petit message (moins de 140 caractères, la règle de Twitter), qui me ravit et me laissa perplexe.


Il me ravit car ces quelques mots me permirent de rentrer en contact avec quelqu’un que je ne connaissais pas, et qui me semblait avoir, comment dirais-je, une certaine acuité concernant les livres.

Il me laissa perplexe car, telle que j’avais vécu l’histoire, rien à voir avec le fait d’être prête ou pas. DoWaR me parla d’un recueil de nouvelles qu’il essayait de lire : le livre de sable. Il était ennuyé car, bien qu’amateur de littérature, il coinçait. Il disait « je ne comprends pas ces nouvelles ». Ce qui m’a mis la puce à l’oreille : bien que n’ayant jamais lu Borges, je connais un peu l’univers fantastique des écrivains sud-américains, qu’il ne faut pas chercher à comprendre. Il faut juste se laisser porter par l’auteur. Cette conversation a donc piqué ma curiosité, et je lui ai emprunté le livre pour m’y lancer à mon tour. 



Si on considère la remarque de @VirgusSanders, tout ceci ne devrait rien au hasard ; s’agissait-il une petite anecdote dont le but était de me faire comprendre que j’étais prête à lire Borges ?

J’ai alors pensé à Stefan Zweig, lu récemment et qui a fait l’objet d’un petit bonheur de lecture. Comment me suis-je décidée à lire cet auteur, qui comme Borges m’effrayait un peu ? Tous les deux trop grands, trop admirés. Impressionnant. Je pressentais une lecture difficile, des auteurs intellos, une réflexion trop ardue pour moi.

Zweig m’est tombé entre les mains au détour d’une librairie. Un petit livre de poche avec une belle couverture, mis en avant par le libraire. Vous vous rappelez mes critères de choix (lien) ? Le livre était court, bien mis en valeur, une 4ème de couverture bien fichue… Ce volume a donc  atterrit sur mon bureau et n’a attendu qu’une semaine ou deux avant d’être lu. Lecture fluide, éblouissement devant la précision de la langue… Je me demande maintenant si le livre de Zweig ne s’est pas fait connaitre à moi parce que j’étais prête.

Et Borges me direz-vous ? J’ai lu les deux premières nouvelles du recueil. J’ai envie de lire la suite. Vite. Incontestablement, le moment choisi par ce livre pour se jeter entre mes mains était le bon.