Affichage des articles dont le libellé est petits bonheurs. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est petits bonheurs. Afficher tous les articles

jeudi 28 juillet 2016

Quatre ans et demi

Parfois on a envie de faire des bilans. Sans bien savoir pourquoi, on sent que c’est le moment. C’est donc ce qui m’a pris au sujet de A l’encre bleu nuit, après quatre ans et demi d’existence.

Voici donc quelques chiffres en vrac :

  • 182 articles ont été publiés, soit environ 3 par mois. Aucun commentaire sur ce point, j’avais écrit dans un article fêtant les deux ans de ce blog que je publierais tranquillement, au rythme des idées, je me suis tenue à cette ligne de conduite.
  • Le nombre de visites sur ce blog est très volatil. Il va de 77 visites par mois au plus bas, en aout 2012, à 1523 au plus haut, en novembre 2012, pour une moyenne d’environ 490 visites par mois. Je ne saurais dire si c’est performant ou pas, et au fond je m’en fiche. Je ne peux pas annoncer que je ne publierais pas avec régularité, et espérer un fort taux de visite. Soyons cohérents, que diable !
  • Le nombre de visite par article est d’environ 150. Mais là encore il y a une forte variation, de 30 pour l’article qui a le moins rencontré de lecteurs à 300 environ pour le plus lu. Là je dois dire que ça me touche, parce que les articles les moins lus sont aussi des articles auxquels je tiens.En fait je tiens à tous les articles...

Voici donc dans mes archives quelques suggestions de lecture pour les jours qui viennent, au cas où ces publications vous auraient échappé :

Stevenson et les châtaigniers ici
un hommage à RL Stevenson et à sa traversée des Cévennes, à travers quelques lignes écrites sur les châtaingers.

Ma nouvelle Manipulés, publiée par épisodes: un deux trois quatre cinq six
qui manipule qui ? 

Petits bonheurs de lecture 2 ici
quelques phrases extraite d'un recueil de nouvelles, que j'ai aimé lire et eu envie de partager. Trois fois rien quoi...

Sur ce, je vous souhaites de bonnes vacances, pleine de découvertes touristiques, amicales, ludiques et littéraires ! 

lundi 21 décembre 2015

petits bonheurs de lecture #11: Le collier rouge



Je viens de lire un petit roman tout simple, qu’on pourrait qualifier de « roman sans prétention ». Le collier rouge de Jean-Christophe Rufin tourne autour de deux anciens soldats que la première guerre mondiale, l’un a commis un faux pas et l’autre est devenu juge militaire, et un chien. Je ne veux pas en dire plus, cette histoire doit être découverte au fil des pages…

En voici néanmoins la présentation de l’éditeur : http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Le-collier-rouge

J’ai aimé lire ce livre, car il explore avec une infinie finesse les états d’âme de personnes tout à fait simples, en lesquelles nous pouvons nous reconnaitre. J’ai aussi aimé l’idée que le juge militaire, jeune homme de bonne famille et de bonne éducation, apprenne des choses sur la vie d’un homme qui a reçu peu d’éducation. J’ai enfin aimé la parabole sur la fidélité, et surtout sur la force de la fidélité. 

Pour illustrer la beauté du verbe de l’auteur, j’ai choisi un passage plus descriptif, mais empreint d’une réflexion sur la vie qui m’a élue. Peut-être parce qu’il y a des arbres…


  Avant d’aborder l’ultime étape de son enquête, Lantier éprouva me besoin de faire une longue promenade dans la campagne.
  Il se leva au petit jour et partit en direction du nord, là ou commençait la forêt qui s’étendait jusqu’à Bourges.
  Les arbres étaient des chênes pour la plupart. Ils avaient été plantés, les premiers, dès l’époque de Louis XIV. À mesure qu’on avance dans les allées forestières, on découvre des alignements inattendus. Le désordre des troncs fait alors place, pour un instant, à une trouée rectiligne qui semble conduire jusqu’à l’horizon. Cette irruption de la volonté humaine dans le chaos de la nature ressemble assez à la naissance de l’idée dans le magma des pensées confuses. Tout à coup, dans les deux cas, naît une perspective, un couloir de lumière qui met de l’ordre dans les choses comme dans les idées et permet de voir loin. Dans les deux cas, ces moments lumineux ne durent pas. Dès que l’on reprend sa marche, dès que l’esprit se remet en mouvement, la vision disparaît, si l’on n’a pas pris garde de la fixer par la mémoire ou l’écriture.
  Reste qu’avancer dans une telle forêt est un puissant stimulant pour la réflexion. Lantier en avait besoin. Au-delà de l’affaire qui le retenait, il pensait à la vie qui l’attendait, à l’étape qu’il allait franchir, en quittant la vie militaire. Il pensait à cette guerre qui prenait fin pour la dernière fois, avec ces derniers procès. Aussi rectilignes que ces trouées, des cimetières étaient édifiés sur les champs de bataille pour abriter les dépouilles des soldats morts. Mais ces graines-là ne pousseraient jamais.

lundi 26 janvier 2015

mes lectures 2014: une belle pile de livres



Au début de l'année 2014, j'ai décidé de noter toutes mes lectures de l'année. J'avais aussi décidé d'écrire en quelques lignes ce que j'en avais pensé, mais vous savez ce qu'il arrive avec les bonnes résolutions... Donc, sur vingt-neuf livres lus, il n'y en a que dix "chroniqués"... 

Du coup, je préfère vous livrer ma liste brute, avec une petite clef de lecture: 
En vert les livres que j'ai adoré et que je vous recommande absolument
En bleu, ceux que j'ai aimé
En bleu foncé, les autres... 
Bon, allez, je rajoute un petit commentaire sur chaque livre. Je vous préviens, ça fait un billet super long ! 

La liste reste dans l'ordre chronologique de mes lectures, tout simplement. 

Et si mes avis peuvent vous aider à choisir vos prochaines aventures de lecteurs, j'en serai ravie ! 

L’homme en fuite, Richard Powers
Abandonné, donc ne compte pas dans le total des livres recensés.

1. Ce qu’il advint du sauvage blanc, François Garde
Formidable !
Un homme, voyageur moyennement efficace, prend en charge (un peu contraint et forcé) un sauvage blanc, un marin abandonné par son navire et qui a passé dix-sept ans parmi les aborigènes.
D'une écriture classique, ce texte excelle par sa finesse de la lecture de l'âme humaine. Le récit à deux voix, celle du voyageur via des lettres qu'il écrit au président de la société de géographie de Paris, et celle du sauvage qui va perdre tous les mots de sa langue natale, est d'une rare habileté.

Un livre à lire absolument ! 

2. La nuit tombée, Antoine Choplin
Ce livre m'a été offert par une amie, à l'occasion d'une soirée Paroles d'Encre. Elle avait aimé Le héron de Guernica et voulais me faire découvrir cet auteur. 

Un livre remarquable, une très belle écriture, pour un récit qui se déroule sur une nuit: un homme retourne dans une zone interdite, après un incident nucléaire dans une centrale, pour aller dans son ancien appartement chercher la porte de la chambre de son fils. Ce voyage sur ses pas d'avant la catastrophe va faire renaître des amitiés, des sentiments forts entre des gens éloignés par le drame. Sa quête sera couronnée de succès, et il repartira, sans qu'on sache si ces amis pourront se revoir un jour.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, et j'ai donc mis Le héron de Guernica sur ma liste :-)

3. Vol de nuit, Saint-ex
Ce live a fait l'objet d'un #petitsbonheursdelecture sur ce blog, ici

4. Qui est Dieu, Jean Soler.
 Cet essai est une compilation des publications de l’auteur. Il entreprend de démonter la lecture actuelle de la bible juive et tente de démontrer que la religion juive n’était pas monothéiste à l’origine. Pourquoi pas, c’est assez convaincant. Mais quand il commence à évoquer la possible influence de la religion juive dans les pensées d’Hitler, c’est déroutant, pour ne pas dire plus.
Autre point ennuyeux : il revient sur les mêmes thèses tout au long du livre, et peine à les développer plus avant.
Au final, j'espérais une lecture qui m'amène à réfléchir sur les religions, moi qui suis athée et ce fut le cas mais pas dans le sens espéré, mas dans le sens d'une plus grande ouverture sur le monde et sur les diverses visions que peuvent en proposer les monothéismes.

5. Intermède, Owen Martell
 Je m’avoue un peu déçue… L’auteur avait été intéressant à écouter lors de sa venue à Paroles d’Encre. J’étais attirée par le thème aussi : les quelques mois de a vie d’un pianiste de jazz célèbre, entre la mort de son bassiste et … la suite de sa vie. Le récit d’un entre-deux, d’un de ces moments où tout peut arriver. J’étais par avance séduite par la construction également : une narration à quatre voix : successivement celles du frère, de la mère, du père puis du héros.

J’ai été décontenancée par la froideur du récit, qui m’a tenue assez loin des personnages.

6. Le roman de mes chemins buissonniers, Jean-Pierre Fleury
 J’ai acheté ce livre à l’occasion d’une dédicace de l’auteur dans une librairie à Orléans. En me parlant, JP Fleury avait évoqué la nature, la marche dans les sous-bois, plein de choses que j’aime.
 Je dois dire que par certains aspects j’ai aimé ce livre. L’auteur fait montre d’une connaissance profonde de la nature, ses descriptions du brame du cerf, des découvertes qu’on peut faire au coin d’un sentier, de la pêche, de la fabrication du charbon, tout cela est plein de poésie, d’un enthousiasme positif, et nous entraîne…
 Mais par ailleurs ses charges contre le monde moderne sont un peu lourdes. Le genre « d’accord pour les autoroutes mais pas chez moi », c’est un peu court.

Je suis une amoureuse de la nature, inquiète de l’urbanisation galopante qui mange nos campagnes, inquiète des effets de la pollution et le la distance croissante entre les urbains et la nature. Mais tout n’est pas mauvais dans le monde moderne (par exemple on soigne des maladies hier encore incurables) et le propos manque de nuance.

7. Requiem pour un paysan espagnol, Ramón Sender
 Tout le récit se passe pendant la longue attente d’un curé qui veut célébrer un requiem pour un paysan mort. Il évoque ses souvenir de Paco et de son itinéraire, jusqu’à ces jours difficiles de la guerre civile (jamais nommée).
 Un très beau texte, très imprégné de l’âme et des contradictions espagnoles, de sa société écartelée entre rigueur et aspiration à la liberté. La panoplie de personnages qui traversent le roman évoque bien tous les aspects de la société espagnole de l’époque.
 Ce qui est remarquable est d’avoir su regrouper tous ces ingrédients sans écrire une œuvre didactique mais bien un œuvre romanesque. Je recommande vivement cette lecture !
 A noter également: une belle édition, avec un papier de bonne qualité, des illustrations et une couverture réussies.

8. Le cercle des douze – Pablo de Santi
Evoqué dans un #petitsbonheursdelecture, ici

9. Confiteor - Jaume Cabre
Un livre étonnant, formidable, écrasant, indispensable ! Mais trop touffu, complexe, riche pour que je me risque à le chroniquer... 

10. Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez.
Pour le coup, un autre livre touffu mais dans lequel je me suis noyée. Trop de personnages portant les mêmes noms, pas assez de repères temporels, et puis je n'ai pas compris comment la famille Buendia sort le malédiction du gitan... On dit généralement que c'est une œuvre majeure, suis-je passée à côté ?

11. Une histoire du monde en 10 chapitres et ½, Julian Barnes
Ouh là là. La quatrième de couverture donne une phrase extraite du livre : « est-ce que l’histoire se répète et se présente la première fois sous la forme d’une tragédie et la seconde fois sous la forme d’une farce ? »C’est bien le thème du livre. Avec des moments de pur bonheur et d’autres ou je me suis noyée… Ces dix chapitres soit racontent une histoire, soit philosophent. Les aventures de l’Arche de Noé racontées par un passager clandestin, qui s’avèrera être un ver à bois, est un délice d’ironie. Par des enchainements d’idées de l’auteur mystérieux, cela rebondira dans une nouvelle très subtile, un procès intenté à des vers à bois ayant rongé le trône de l’évêque, transporté à travers les textes rédigés par les avocats des deux parties… Mais je suis restée hermétique à d’autres chapitres, que j‘ai pourtant lu avec application. Bref, je recommande la lecture de deux chapitres sur 10 et demi, ça fait un peu trop de déchet, non ?

12. Le secret de Font-clare, Gérard Raynal

13. Mille regrets, Elsa Triolet
Je n’en n’ai pas gardé grand-chose. Une très belle description de la France de l’immédiat après-guerre, mais une grande vacuité dans les histoires racontées au travers de ces quatre nouvelles.

14. Ce que dit le majordome, Javier Marias
Des nouvelles inégales, peu passionnant, je n'ai pas fini ce livre. 

15. Trois tangos de la mélancolie, Hélios Pascual
 Ce livre a fait l'objet d'un billet spécial, à lire ici

16. Les anges meurent de nos blessures, Yasmina Khadra
 Je l'étais enthousiasmé pour l'auteur en l'entendant professer son amour pour la langue française. Il la manie pour sûr remarquablement bien, mais je n'ai pas vraiment réussi à entrer dans l'histoire de ce boxeur.

17. Danse Noire, Nancy Huston
 J'ai beaucoup aimé le mélange des langues, anglais, québécois,.... J'ai beaucoup aimé l'histoire, forte et riche. Mais je n'ai pas senti le rythme de la capoeira, seulement présent dans des ta ta da, ta ta da qui à la lecture ne me disaient pas grand chose. 

18. Trois chevaux, Erri de Luca
19. Le tort du soldat, Erri de Luca
Ces deux livres ont été lus en préparation d'une rencontre des lecteurs du canal. Bien aimé, malgré quelques gênes, et mentionné dans un #petitsbonheursdelecture, ici. 

20. Marco Malvaldi, la briscola à cinq
Un polar original et haut en couleurs, qui se passe en Italie autour d'un bistrot et d'un bande de vieux forts rigolos. Ce livre m'avait été offert par les éditions 10-18, à l'occasion de la rencontre avec Jérémie Guez, racontée ici
Tiens, j'ai oublié de le compter dans ma liste, ce tigre rouge ? donc trente livres lus, et pas vingt-neuf !

21. Patricia Highsmith, Monsieur Ripley
J'aime bien le film Plein Soleil, mais je confirme qu'il efface l'ambiguité de la relation entre Tom Ripley et Dickie Greenleaf. Malgré cela, j'ai eu du mal à me passionner pour un type qui n'a comme préoccupation que son train de vie et le fait d'être intégré dans une société mondaine très superficielle.

22. Harlan Coben, ne t’éloigne pas
Un bon polar de Coben, efficace, original dans son histoire mais pas dans sa narration. 

23. Henning Mankell, une main encombrante
Mankell n'en finit pas de se séparer de Wallander, et pour cela il racle les fonds de tiroirs (au sens prope, puisqu'il publie de vieux textes jamais publiés). Ces textes n'apportent aucune surprise sur Wallander.

24. Kate Sedley, le Noël des masques
Un polar au Moyen-Age, publié chez 10-18 dont j'aime bien pas mal de publications, ça m'a tentée. Ça rentre dans la catégorie du polar efficace mais pas exceptionnel.

25. Bernard Ollivier, longue marche,
J'ai commencé ce livre en préparation d’une autre rencontre les lecteurs du canal, sur le thème du voyage, mais je ne l'ai pas fini. L'incapacité de l'auteur à aller au devant des autres m'a agacée.

26. Patrick Modiano, Dora Bruder
Tous les ans, le Nobel est décerné à un auteur que je n'ai pas lu (sauf pour Le Clézio). Alors je me dis, bon, faut que tu essaye. Je dois dire que Modiano m'a déroutée, le texte est fort, poignant mais au fond, il raconte tellement peu de choses... A partir d'un événement terrible (la déportation), il nous livre une somme de petits riens qui font une histoire si ténue...

27. Audur Ava Olafsdottir, L’embellie
J'avais aimé Rosa Candida. Sur ce livre j'avais eu deux écho: un qui disait que c'est dans la même veine, l'autre que cétait moyen. Ce roman reste dans la veine du voyage initiatique, mais il faut boen dire que le pesonnage central, manquant totalement de personnaloité et disant poui à tout, est un peu agaçante...

28. Artin Dilukeba, Si vous logez chez les chauves-souris, logez comme elles
J'ai renconté Artin à l'occasion d 'un salon du livre, à Triel-sur-seine. Nous étions voisins de table, avons beaucoup discuté et je suis repartie avec son livre. Une belle mosaïque autour d'une banlieue défavorisée comme on dit, une lecture qui laisse un goût amer, car elle met en lumière à quel point les mondes qui se cotoient dans une même région peuvent être éloignés.

29.  Philip Meyer, un arrière-goût de rouille
Un roman noir dur, qui raconte la vie bousillée par des meurtres en série d'un garçon de douze ans que nous suivrons sur plus de trente ans.