lundi 8 décembre 2014

lettre au Père Noël



Cher Père Noël,
En cette saison, il est d’usage de t’écrire pour te demander des cadeaux. Enfin, surtout les enfants.

Je suis adulte maintenant, mais j’ai envie d’essayer et de t’envoyer ma liste. Attention, Père Noël, elle tient en un mot mais je crois que ce n’est pas simple…

Ce que je voudrais, c’est que tous et chacun soient respectés. Quels qu’ils soient. Les Roms, les jeunes de banlieue, les chômeurs, les blacks les blancs, les beurs, les homosexuels, les autres.

Je voudrais que les Israéliens respectent les Palestiniens, et que les Palestiniens respectent les Israéliens. Les Chinois pourraient respecter les Tibétains. Les Russes pourraient respecter les Ukrainiens. Le gouvernement espagnol pourrait laisser les Catalans voter. Et il y a bien sûr plein d'autres cas que j’oublie dans cette trop courte énumération.

Le respect, c’est ce qui aiderait à faire tomber les murs qui existent ou se construisent à travers le monde. Il y a les murs pour éviter les flux migratoires jugés indésirables, et ceux qui visent à se protéger des conflits territoriaux. La carte que je t'envoie (trouvée sur Internet, ici **attention mise à jour du lien en 2019 sur la base d'une carte publiée en 2016**) oublie un nouveau mur, en Ukraine. Mais elle est effrayante.



Le respect aiderait aussi à faire tomber les murs dans nos têtes. Ceux qui nous amènent à nous méfier de l’autre, parce qu’il est un peu différent.

En un mot cher Père Noël, une p’tite piqûre de respect dans tous les cœurs, ce serait le plus beau des cadeaux.

jeudi 4 décembre 2014

Adrien Bosc chez Paroles d'Encre: verbatims



J’ai depuis quelque temps renoncé à faire des comptes rendus détaillés des soirées Paroles D’encre. Que Cathy du blog Tulisquoi, qui a hébergé ces comptes rendus, veuille bien me pardonner : c’est vraiment trop de travail.

Mais lors de la dernière soirée, ou Adrien Bosc nous a parlé de Constellation, j’ai noté au passage quelques phrases que j’ai envie de partager avec vous.

Pour les quelques voyageurs extra galactiques qui n’auraient jamais entendu parle de ce livre, le résumé ici.

Au chapitre des anecdotes qui donnent à  réfléchir :

Piaf, qui a insisté auprès de Cerdan pour qu’il prenne l’avion afin de revenir plus vite auprès d’elle, avait une peur bleue de ces engins volants. Quand on lui disait : « Mais Edith, ton heure n’est pas venue », elle répondait « et si c’était l'heure du pilote ? ».

Ginette Neveu, violoniste célèbre, a pris le même avion que Cerdan. So Edith a demandé à son amoureux de monter dans l’avion, Ginette a demandé à l’apprenti qui s’occupait de son violon de prendre le bateau. Etienne Vatelot n’est décédé en 2013. A quoi tiens le destin ?

Quelques phrases prononcées par Adrien Bosc sur son livre :

« Quarante personnes dans un avion, c’est un sondage, un précipité de monde ».

« Ce livre est un vol mimétique ».
Les vols mimétiques étaient ces reconstitutions qu’on faisait après un accident d’avion, pour mieux les comprendre, avant que les boites noires existent.

Adrien Bosc revendique « une forme de mentir-vrai, la meilleure façon de s’approcher d’un état d’esprit d’époque ».
Ainsi, il mêle du vrai avéré et d’autres détails (le menu à bord de l’avion est inventé par exemple), pour atteindre ce mentir-vrai.

lundi 1 décembre 2014

Trois tangos de la mélancolie - Hélios Pascual



Bon, ça y est, c’est décidé, je parle de ce livre ! Vous aurez vite compris, chers lecteurs, pourquoi c’est délicat pour moi : comment paraitre objective en lisant un livre écrit par mon père ? Je vais essayer, pardonnez-moi si je n’y arrive pas !

Pour résumer Trois tangos de la mélancolie, autant commence par la quatrième de couverture :

Dans la tourmente de la guerre civile espagnole, Jaume va tout perdre : ses parents, sa grand-mère, son petit frère… Et son pays. Réfugié en France, le jeune anarchiste catalan s’engage dans la Résistance, puis la Libération venue, reprend le combat contre le Franquisme. Mais il va aussi connaître l’amour et ses désillusions sous le regard de Maria Luisa, la petite fille qui en avait fait son fiancé, avec à ses côtés un petit livre vert et un caillou blanc…
Ce roman n’est pas un livre de guerre même s’il en révèle tous les drames, toutes les déchirures, tous les questionnements… Il illustre à la façon d’une tragédie grecque la force du destin qui conduit un homme là où il ne pensait pas aller… Et il y va, par un itinéraire chaotique, jalonné par trois tangos : celui sensible, d’Albeniz, l’émouvant Volver et le si nostalgique Cuesta abajo de Carlos Gardel…

Entre essai et roman, ce livre emmène son lecteur dans les pas éprouvants d’une guerre civile, avec son lot de drames et d’horreurs, et ses conséquences sur la vie des personnages : quel engagement après la défaite ? Faut-il se résigner ou lutter ? Comment vivre à nouveau ?

Si la guerre civile espagnole commence à être mieux connue en France, entre autres grâce à de beaux romans comme celui de Lydie Salvayre que je vais lire bientôt, la Retirada, fuite éperdue des républicains espagnols vers la France devant l’avancée de l’armée franquiste, l’est moins. Et ce qui s’est  passé dans les années suivantes, sur le sol français, pour des combattants ayant un œil et le cœur rivés vers la terre natale, ne n’est pas connu.

L’auteur a donc pris le parti de mêler à sa fiction des passages explicatifs sur le contexte politique, les choix des partis en exil, etc… pour amener le lecteur à s’immerger dans l’esprit des personnages, leurs doutes, leurs questions et les réponses douloureuses qu’ils y donnent. Ce parti pris peut surprendre, et le premier tiers du livre peut alors sembler au lecteur un peu pesant. Mais au-delà de ce premier tiers, le ton et le rythme sont donnés, le roman acquiert un souffle qui lui donne cette dimension de tragédie souligné par l’éditeur.

Fortement ancré dans un terroir, la Catalogne côté Nord et Sud de la frontière, ce livre est aussi un chant à la beauté d’une terre malgré parfois sa dureté, et à des valeurs fortes comme la solidarité et l’engagement, qui me touchent beaucoup.

Les personnages, Jaume et ceux qui l’entourent, sont bien campés, avec leurs forces et leurs faiblesses, ces petits détails qui font qu’on s’attache à deux, qu’on a envie de savoir ce qu’ils vont devenir…

Je ne cacherai pas de voir sous la plume de mon père décrit des endroits où il nous a emmené enfants, comme s’il dévoilait des souvenirs familiaux, m’a parfois perturbée, alors que… si les lieux sont ceux que je connais l’histoire qui s’y déroule n’a rien à voir, puisqu’il s’agit d’une fiction complète.

La structure du roman est très réussie aussi à mon avis : trois scènes inaugurales, pas vraiment reliées entre elles, campent un contexte. L’auteur tire alors un fil, un seul, et le lecteur fini par se demander comment le lien va se faire. Les trois fils vont se rejoindre à la toute fin du livre, très dure, inexorable, on n’échappe pas à son destin…

Bon voilà. Vous aurez compris que je vous recommande cette lecture… en toute objectivité ;-)

Ce livre peut se commander dans toutes les bonnes librairies, même à la FNAC ou chez Amazon (ce que je ne recommande pas... adoptez un libraire ! ).  Les infos ici