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jeudi 4 décembre 2014

Adrien Bosc chez Paroles d'Encre: verbatims



J’ai depuis quelque temps renoncé à faire des comptes rendus détaillés des soirées Paroles D’encre. Que Cathy du blog Tulisquoi, qui a hébergé ces comptes rendus, veuille bien me pardonner : c’est vraiment trop de travail.

Mais lors de la dernière soirée, ou Adrien Bosc nous a parlé de Constellation, j’ai noté au passage quelques phrases que j’ai envie de partager avec vous.

Pour les quelques voyageurs extra galactiques qui n’auraient jamais entendu parle de ce livre, le résumé ici.

Au chapitre des anecdotes qui donnent à  réfléchir :

Piaf, qui a insisté auprès de Cerdan pour qu’il prenne l’avion afin de revenir plus vite auprès d’elle, avait une peur bleue de ces engins volants. Quand on lui disait : « Mais Edith, ton heure n’est pas venue », elle répondait « et si c’était l'heure du pilote ? ».

Ginette Neveu, violoniste célèbre, a pris le même avion que Cerdan. So Edith a demandé à son amoureux de monter dans l’avion, Ginette a demandé à l’apprenti qui s’occupait de son violon de prendre le bateau. Etienne Vatelot n’est décédé en 2013. A quoi tiens le destin ?

Quelques phrases prononcées par Adrien Bosc sur son livre :

« Quarante personnes dans un avion, c’est un sondage, un précipité de monde ».

« Ce livre est un vol mimétique ».
Les vols mimétiques étaient ces reconstitutions qu’on faisait après un accident d’avion, pour mieux les comprendre, avant que les boites noires existent.

Adrien Bosc revendique « une forme de mentir-vrai, la meilleure façon de s’approcher d’un état d’esprit d’époque ».
Ainsi, il mêle du vrai avéré et d’autres détails (le menu à bord de l’avion est inventé par exemple), pour atteindre ce mentir-vrai.

jeudi 20 mars 2014

mes lectures de février

La suite de mes lectures, pour le mois de février: deux déceptions et un vrai coup de foudre...



Intermède, Owen Martell
Je m’avoue un peu déçue… L’auteur avait été intéressant à écouter lors de sa venue à Paroles d’Encre. J’étais attirée par le thème aussi : les quelques mois de a vie d’un pianiste de jazz célèbre, entre la mort de son bassiste et … la suite de sa vie. Le récit d’un entre-deux, d’un de ces moments où tout peut arriver. J’étais par avance séduite par la construction également : une narration à quatre voix : successivement celles du frère, de la mère, du père puis du héros.

J’ai été décontenancée par la froideur du récit, qui m’a tenue assez loin des personnages.

Le roman de mes chemins buissonniers, Jean-Pierre Fleury
 J’ai acheté ce livre à l’occasion d’une dédicace de l’auteur dans une librairie à Orléans. En me parlant, JP Fleury avait évoqué la nature, la marche dans les sous-bois, plein de choses que j’aime.

Je dois dire que par certains aspects j’ai aimé ce livre. L’auteur fait montre d’une connaissance profonde de la nature, ses descriptions du brame du cerf, des découvertes qu’on peut faire au coin d’un sentier, de la pêche, de la fabrication du charbon, tout cela est plein de poésie, d’un enthousiasme positif, et nous entraîne…

Mais par ailleurs ses charges contre le monde moderne sont un peu lourdes. Le genre « d’accord pour les autoroutes mais pas chez moi », c’est un peu court.

Je suis une amoureuse de la nature, inquiète de l’urbanisation galopante qui mange nos campagnes, inquiète des effets de la pollution et le la distance croissante entre les urbains et la nature. Mais tout n’est pas mauvais dans le monde moderne (par exemple on soigne des maladies hier encore incurables) et le propos manque de nuance.

Requiem pour un paysan espagnol, Ramón Sender
 Tout le récit se passe pendant la longue attente d’un curé qui veut célébrer un requiem pour un paysan mort. Il évoque ses souvenir de Paco et de son itinéraire, jusqu’à ces jours difficiles de la guerre civile (jamais nommée).

Un très beau texte, très imprégné de l’âme et des contradictions espagnoles, de sa société écartelée entre rigueur et aspiration à la liberté. La panoplie de personnages qui traversent le roman évoque bien tous les aspects de la société espagnole de l’époque.

Ce qui est remarquable est d’avoir su regrouper tous ces ingrédients sans écrire une œuvre didactique mais bien un œuvre romanesque. Je recommande vivement cette lecture !

A noter également: une belle édition, avec un papier de bonne qualité, des illustrations et une couverture réussies.

et comme pour janvier: quelques uns de ces avis ont été publié sur le site Babelio, que je vous invite à consulter. 

lundi 17 mars 2014

mes lectures de janvier

Depuis le début de l'année, j'ai lu pas mal de livres. Il me prend l'envie de vous en parler, de façon concise. Si vous les avez lu, j'aimerais savoir ce que vous en pensez !




Ce qu’il advint du sauvage blanc, François Garde
Formidable !
Un homme, voyageur moyennement efficace, prend en charge (un peu contraint et forcé) un sauvage blanc, un marin abandonné par son navire et qui a passé dix-sept ans parmi les aborigènes.
D'une écriture classique, ce texte excelle par sa finesse de la lecture de l'âme humaine. Le récit à deux voix, celle du voyageur via des lettres qu'il écrit au président de la société de géographie de Paris, et
 celle du sauvage qui va perdre tous les mots de sa langue natale, est d'une rare habileté.

Un livre à lire absolument ! 

La nuit tombée, Antoine Choplin
ce livre m'a été offert par une amie, à l'occasion d'une soirée Paroles d'Encre. Elle avait aimé Le héron de Guernica et voulais me faire découvrir cet auteur. 

Un livre remarquable, une très belle écriture, pour un récit qui se déroule suer une nuit: un homme retourne dans une zone interdite, après un incident nucléaire dans une central, pour aller dans son ancien appartement chercher la porte de la chambre de son fils. Ce voyage sur ses pas d'avant la catastrophe va faire renaître des amitiés, des sentiments forts entre des gens éloignés par le drame. Sa quête sera couronnée de succès, et il repartira, sans qu'on sache si ces amis pourront se revoir un jour.

J'ai beaucoup aimé cette lecture, et j'ai donc mis Le héron de Guernica sur ma liste :-)

Vol de nuit, Saint-ex. 
Voir les Petits bonheurs de lecture publiés sur ce blog, ici

Qui est Dieu, Jean Soler.
 Je ne vais prétendre faire ici une critique de ce livre, je ne suis pas assez bonne en philo pour cela. Disons que j'ai eu envie de le lire suite à à lecture d'un chronique du remarquable Bernard Revel dans la semaine du Roussillon.

Cet essai est une compilation des publications de l’auteur. Il entreprend de démonter la lecture actuelle de la bible juive et tente de démontrer que la religion juive n’était pas monothéiste à l’origine. Pourquoi pas, c’est assez convaincant. Mais quand il commence à évoquer la possible influence de la religion juive dans les pensées d’Hitler, c’est déroutant, pour ne pas dire plus.
Autre point ennuyeux : il revient sur les mêmes thèses atout au long du livre, et peine à les développer plus avant.

Au final, j'espérais une lecture qui m'amène à réfléchir sur les religions, moi qui suis athée et ce fut le cas mais pas dans le sens espéré, mas dans le sens d'une plus grande ouverture sur le monde et sur les diverses visions que peuvent en proposer les monothéismes.

quelques uns de ces avis ont été publié sur le site Babelio, que je vous invite à consulter. 

jeudi 27 février 2014

Paroles d’Encre : ça fait un moment…



…que je ne vous en ai pas parlé. Alors j’ai accumulé plein de notes dans mon cahier vert, et il me faudrait des heures et des heures pour écrire un compte-rendu de chaque rencontre. Je vous l’avoue tout net : pas le courage. Sauf si vous me suppliez bien sûr ! Alors voici un résumé en quelques lignes.


Depuis mon dernier compte-rendu (ici), plusieurs rencontres ont eu lieu :

- en novembre, Claudie Gallay nous a parlé de Une Part de Ciel. Je n’ai été enthousiasmée
ni par la lecture du roman, ni par la façon de l’auteur de nous le présenter, j’en ai parlé ici.

- en décembre, Sorj Chalandon a décrypté pour nous son dernier roman, le Quatrième Mur. Une belle rencontre, chargée d’émotion, ou le journaliste-écrivain s’est livré peut-être plus qu’à son habitude. Cependant il a donné trop de clefs de lecture de son roman. Nous l’avons acheté, mais il attend sur notre PAL[1] que le souvenir de ses confidences retombe suffisamment pour une lecture « vierge » de ce roman.

- en janvier, Emmanuele Trevi a longuement parlé de Pier Paolo Pasolini, et François-Guillaume Lorrain de Rossellini. Une soirée sous le signe du cinéma, mais deux réalisateurs que je confesse mal connaître… Fort intéressant.
F-G Lorrain a en particulier évoqué un thème qui pourrait être développé longuement : quel légitimité avait-il à écrire un roman sur trois personnages historiques, Roberto Rossellini, Anna Magnani et Ingrid Bergman ? Ce livre n’est devenu un roman qu’au fur et à mesure de l’écriture. Il a éprouvé un grand plaisir à pousser ces personnages, et a fini par y mettre de lui. Certains chapitres sont en lien fort avez lui.

- en février, Véronique Bizot a présenté Âme qui vive, et Hélène Gaudry a parlé de Plein Hiver. 
Dans ces deux romans, le lieu où se déroule le livre est un point de départ important, qui donne sa tonalité à l’œuvre. J’aime bien cette idée. Plein hiver se déroule dans une petite ville du nord des US, le genre de ville où ne passe pas, où on y reste si on y est né, où on ne revient pas si on en part. Âme qui vive est le récit de quatre solitudes dans un hameau de montagne reculé, naturellement associé à l’idée de silence et d’isolement. 



[1] Pile à Lire…

lundi 7 octobre 2013

paroles d'encre #2


Ce soir, Paroles d’Encre nous accueille dans un lieu exceptionnel: la galerie des affaires étrangères de la bibliothèque de Versailles. C’est dans ce bâtiment que fut négocié le traité de Paris de 1783 mettant fin à la guerre d’Indépendance américaine et le traité de Versailles la même année. Il est tout indiqué pour soirée consacrée à une littérature étrangère !

Très hautes de plafond, les salles en enfilade présentent des murs couverts de livres reliés cuir. On ne peut s’empêcher de se demander depuis combien de temps ces volumes n’ont pas été feuilletés ! Année Lenôtre oblige, des livres sur la botanique ou l’art des jardins sont exposés.

Mais revenons à nos invités de la soirée. Renouant avec des habitudes de ses premières années, l’association Paroles D’encre a voulu consacrer une séance à une maison d’édition. C’est Autrement qui profite de l’aubaine. Connue pour ses collections sur les sciences humaines, Autrement a progressivement intégré d’autres thèmes à ses collections, dont la littérature, avec pour fait d’armes la publication de Inconnu à cette adresse, de Kressmann Taylor.

la suite sur le blog Tulisquoi (cliquer) ou cet article est le douzième du genre...  

mercredi 8 mai 2013

Paroles d'Encre #1



Je fais depuis longtemps partie d’une association littéraire versaillaise : Paroles d’Encre. Animée par d’anciens libraires très exigeants en termes de littérature, elle organise toutes sortes de manifestation, bien sûr tournant autour de rencontres avec des écrivains.

Ma participation a été erratique. Des périodes enthousiastes car je découvrais de fantastiques auteurs, d’autres moins car on voyait toujours plus ou moins les mêmes écrivains, ou parce que j’en avais assez d’y aller seule.

En 2010, je n’avais pas encore ce blog tout jeune, et j’ai proposé à Cathy, dont le blog Tulisquoi me plaisait, de publier des comptes-rendus. Elle a dit oui, formidable !  Nous en avons publié 9 ou 1à, je ne sais plus. Et puis nouvelle période d’arrêt.

Je viens de reprendre, et j’ai trouvé normal de continuer à publier ces comptes-rendus chez elle.

Voici donc les minutes d’une rencontre autour du polar, cliquer ici.

Merci à Cathy pour son accueil :-)