jeudi 27 avril 2017

Trois mois en 2017: un tas de livres...



Depuis le début de l'année, j'ai omis de vous parler de mes lectures. Du coup, il y en a plein ! Toute une pile ! Impossible donc de faire un compte-rendu détaillé, mais voici quelques avis.





La part du Mort, Yasmina Khadra
J’ai lu ce livre parce que… je croyais ne l’avoir pas lu. Je me suis trompée. Mais bon, je suis allée au bout. Un bon roman policier, une belle plongée dans une Algérie au bord de la guerre civile, malgré quelques faiblesses, et une nette baisse de rythme aux trois-quart du livre, qui heureusement repasse la vitesse supérieure ensuite 

Naufrages, Francisco Coloane
Je me suis trompée en lisant la quatrième de couverture. Il s’agit d’une suite de récits de naufrages de bateaux sur les côtés d’Amérique du Sud, écrits de façon pas du tout romancée. On est à la limite du catalogie, et le sujet ne me passionne pas. Lecture interrompue. 

La boîte noire, Tonino Benacquista
Une petite suite de nouvelles extrêmement maîtrisées, navigant à la frontière de l’irréel ou du surréel, qui m’a donné un grand plaisir à lire. 

Article 353 du code pénal, Tanguy Viel
Dans le cabinet d’un juge, un homme retrace le parcours qui l’a amené à jeter à la mer un promoteur immobilier. Ce roman m’a épatée ! Sur la forme : l’homme qui parle est un homme simple, et l’auteur réussi le tour de force de le faire parler « comme on parle », tout en maintenant un récit très écrit, travaillé. Sur le fond : sans misérabilisme, à travers le parcours de cet homme, on pénètre dans le quotidien de ces gens dont la vie bascule suite à un « accident de la vie », ici un divorce et un licenciement, ainsi que les ravages que peuvent faire les mirages aux alouettes comme ces investisseurs qui se contentent de tondre les naïfs. 

La Cheffe, le roman d’une cuisinière, Marie Ndiaye
Un homme, à la retraite, raconte la vie de la cuisinière pour laquelle il a travaillé.
Quel roman étrange ! Le récit a presque autant d’austérité que celle de la Cheffe, les personnages ne sont jamais nommés, aucun d’ailleurs n’est vraiment attachant, bref dit comme ça j’imagine que ça ne donne pas envie… Et pourtant ! Ces personnages pas attachants sont tellement décalés par rapport aux  standards de la littérature, qu’on a toujours envie d’en savoir plus. Alors on s’accroche à ce roman qui progresse lentement, tenant le lecteur dans une attente permanente, on suit les méandres de la mémoire du narrateur, avec un plaisir certain.
Je voudrais souligner au passage que la description des premiers patrons de la Cheffe, et de leur étonnante relation à la nourriture, m’a rappelé les meilleurs passages de Zola, ce qui est un grand compliment.

Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas.
Un chef d’œuvre qu’on ne présente plus ! Je me suis régalée à retrouver d’Artagnan,  Athos (mon plus grand héros parmi tous les livres que j’ai lu), Porthos et Aramis, La méchante Milady et l’infâme Homme de Meung. J’ai redécouvert des détails oubliés, et cette atmosphère des romans de cape et d’épée que j’ai tellement aimés, un vrai grand moment ! 

Il reste la poussière, Sandrine Collette
Comme ce livre est difficile à résumer, je préfère ce lien vers le site de l'éditeur

Cette romancière, vue chez François Busnel, m’intriguait. Je suis tombée par hasard sur ce roman dans une librairie, je l’ai pris et voilà.
Quelle force dans l’écriture ! Quelle maestria pour décrie l’âpre nature de la Patagonie, la vie difficile, les sentiments des personnages ! Quelle belle structure narrative, se plaçant successivement du point de vue des différents membres de la famille ! La description de la violence ancrée chez chaque frère et chez ma mère est d’une finesse remarquable, bref, un formidable exemple de « nature writing »

La fille du train, Paula Hawkins
On ne présente plus le roman, ni le film qui en a été tiré (et que je n’ai pas vu). Je me suis sentie happée dès les premières pages, ayant à tout instant envie de comprendre les liens entre les différents personnages, et surtout ayant envie de comprendre qui est Rachel, anti-héroïne parf   aite (divorcée, alcoolique, paumée, menteuse…). Si le style est parfois un peu trop léger, hâtif, l’intrigue est bien ficelée. 

Comment tu parles de ton père, Joann Sfar
J’avais écouté Joann Sfar avec intérêt lorsqu’il est passé à La Grande Librairie, mais je ne m’attendais pas à ce livre-là. Et j’en ai été enchantée ! Après la mort de son père, l’auteur s’interroge sur son identité, sa relation avec son géniteur, sa judaïté. Il nous parle avec sincérité et… un humour ravageur. S’agit-il tout simplement d’humour juif ou de ce rire qui est la politesse du désespoir ? Un peu des deux sans doute… Un exemple que j’ai beaucoup aimé : 


  Au CM2, j’ai souhaité faire plaisir à mon père en tombant amoureux d’une Juive. Cela m’a coûté beaucoup d’efforts. Il n’y en avait qu’une dans l’école et Dieu, pour m’éprouver, l’avait affublée d’un nez rébarbatif.

Il faut bien reconnaitre une petite faiblesse sur la fin, et une conclusion pas tout à fait à la hauteur du reste du livre. Néanmoins ce fut un réel plaisir de lecture !
 

vendredi 24 février 2017

Saint-Valentin ou Sant-Jordi ?



Il parait qu’il y a beaucoup de gens qui boudent la Saint-Valentin. Le Monde s’en est fait écho (ici) et je fais partie de ces gens qui trouvent que c’est trop commercial, que le rose et le rouge ne sont pas plus les couleurs de l’amour que toutes les autres couleurs de l’arc-en-ciel, et que je n’ai pas envie qu’on m’impose que ce soit ce jour-là que je dois célébrer ma moitié.

J’aime bien l’idée qu’un couple fête sa relation, en un moment un peu spécial. Mais, comme en beaucoup de choses, j’aime décider comment je procède. J’ai de la chance, c’est le cas de ma moitié ! (qui se ressemble s’assemble ?)

Alors nous avons décidé de fêter la Sant Jordi. Qu’est-ce que c’est ? Une fête catalane, qui peut se décliner de multiples façons. On dit que les amoureux offrent une rose à leur belle, et qu’elles offrent un livre en retour. Nous l’avons adaptée : chacun offre à l’autre une rose et un livre. D’autres également l’ont adaptée et offrent des livres à leurs proches. En voici une présentation que j’aime bien : http://www.spain.info/fr/reportajes/la_fiesta_sant_jordi.html



Mais puisque c’est aussi une fête officielle du calendrier, où est l’intérêt, me direz-vous ?

Dans notre esprit cette façon de se fêter a plusieurs avantages
- c’est notre choix. Il ne nous a pas été imposé, il part d’une vraie envie
- c’est romantique mais pas bêbête, gnan-gnan comme la Saint Valentin (voir plus haut)
- il n’y a aucune surenchère dans les cadeaux, un livre ça reste un cadeau à un prix raisonnable.

Et ce qui me fait le plus plaisir, lorsque j’en parle autour de moi c’est que… l’idée séduit ! Beaucoup de gens trouvent que cette façon de célébrer son amour parle plus au cœur que bien des Saint-Valentin !

mercredi 25 janvier 2017

Oublier les livres...



N’arrivant plus à ranger mes (nos) livres, j’ai fait un grand réaménagement de nos différentes bibliothèques et étagères. Je suis bien entendu retombée dans mon classement pathologique (cf un vieux billet, ici : lien), mais là n’est pas mon propos d’aujourd’hui.

Quelle ne fut pas surprise, parcourant les titres pour décider comment j’allais les classer maintenant, de constater que je ne me rappelais pas ces livres ? Enfin certains d’entre eux, pas mal d’entre eux, pas tous quand même ! 


Amin Maalouf, les échelles du levant ? J’ai aimé, mais... de quoi ça  parle ?
Roy Lewis, pourquoi j’ai mangé mon père ? Idem
André Gide, les caves du Vatican ? Je n’ai pas aimé, mais… de quoi ça parle ?
Alexandre Dumas, le comte de Monte-Cristo ? Ah nonce livre fait partie de mon Panthéon et je peux vous raconter (presque) tout !
Fédor Dostoïevski, Les frères Karamazov ? Lu au lycée, ce fut long et difficile. Mais c’était bien. Et je ne sais plus pourquoi.
Stefan Zweig, le joueur d’échecs, Michel Tournier, Eléazar ou la source du buisson : mince, j’ai lu ça ?  
N’en jetons plus, la coupe est pleine.

Au lieu de tenter de passer pour un de ces intellectuels capables de vous citer quelques lignes de tous les livres qu’ils ont lus, j’ai préféré vous l’avouer tout net : j’oublie. Mais devant ce constat que faut-il faire ?

Relire alors que j’ai 15 ou 20 livres qui m’attendant dans ma PAL[1] (qui en vrai est constituée d’un panier, cela pourrait être un sujet de billet sur ce blog) ?

Relire, alors que chaque année, entre les rentrées de septembre et de janvier, et l’arrivée des vacances d’été, des centaines de livres nouveaux sont publiés ?

Je le dis tout net : c’est un drame cornélien. Et dire que mon projet de relecture majeur, c’était Les trois mousquetaires (qui n’étaient pas quatre, n’en déplaisent à certains), roman dont je me souviens très bien !

Bref, s’il fallait en tirer en tirer une morale je proposerais celle-ci : la mémoire est fait d’oublis autant que de souvenirs ; entre aller de l’avant et se rappeler il faut choisir ; de toutes façons la lecture doit d’abord rester un plaisir (ce qui veut dire que je relirai si j’en ai envie, na !)


[1] PAL = pile à lire