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vendredi 10 juillet 2020

Oublier les livres ? Pas tant que ça...

Il y a trois ans, je vous racontais comment, en réorganisant les livres de la famille dans les diverses étagères, je me suis rendu compte que j’avais oublié beaucoup des livres que j’ai lu.

Tout récemment, nous avons déménagé et la question de la bibliothèque s’est posée à nouveau. Notre choix était de loger dans un appartement plus petit, et de créer un endroit dédié aux livres, au lieu d’avoir des étagères et rayonnages éparpillés dans tout l’appartement.

De ce côté c’est réussi, mais… cela nous a obligés à quelques révisions déchirantes.

Nous savions que tout ne tiendrait pas, donc qu’il faudrait jeter… Finalement nous avons bien entendu trouvé une solution de contournement : séparer les BD et acheter un meuble spécialement pour ça, qui ne se trouve pas dans la bibliothèque.

Malgré tout, quelques dizaines de livres ont dû être exclus, ceux pour lesquels nos souvenirs n’étaient pas enthousiastes. Ceux dont nous nous rappelions que nous ne les avions pas aimé, voire que nous n’avions pas pu lire jusqu’au bout.

En triant ces livres, en se les remémorant, « Tiens, tu as lu celui-là ? Il m’avait plu… »  j’ai eu le plaisir de constater que, à rebours de la fois précédente, je me rappelais en les regardant beaucoup de grands plaisirs de lecture : El ultimo lector de David Toscana, Calligraphie des rêves de Juan Marsé, L’oiseau Canadèche de Jim Dodge, Stefan Zweig, deux ou trois romans japonais, Eduardo Mendoza, Louis Owens, Sandrine Collette, Claude Pujade-Renaud, Fred Vargas, Laurent Gaudé et tant d’autres que je n’aurais pas la place de tous les citer ici.

Bien sûr Eleazar ou la source du buisson, qui a eu l’honneur de garder sa place, reste toujours aussi mystérieux pour moi, mais il y a plus de livres dont je me souviens et que j’ai aimés que de trous noirs. Et finalement c’est une bonne nouvelle, non ?

jeudi 6 juillet 2017

La bibliothèque, la nuit



J’ai visité cette expo le weekend de l’Ascension, et je ne vous ne parle que maintenant. Je sais, ce n’est pas sympa. Mais pour ceux qui passeront à Paris cet été, elle dure jusqu’au 13 août, rien n’est perdu !

Il me faut donc vous raconter mon émerveillement sans trop en dévoiler… Délicat. Voici donc une sorte de script.

Vous pénétrez d’abord dans une salle d’expo qui parle de livres, d’ex-libris (j’ai découvert à cette occasion ce que c’était !), et au fur et à mesure vous vous approchez d’une porte, et devrez attendre qu’elle s’ouvre.

Lorsqu’enfin cela se produit, un ou une guide vous fait entrer dans une bibliothèque toute de bois. C’est la nuit, il pleut, et vous pouvez vous déplacer comme vous voulez, vous asseoir sur un des bancs-coffres ou au bureau, écoutant la voix d’Alfredo Manguel vous parler de sa bibliothèque, des livres, de ce que les méthodes de classement vous révèle des gens qui classent (aïe, il fut ici question de classement pathologique, car trop systématique…)

Puis le ou la guide vous explique comment fonctionnent les casques à réalité virtuelle. Quand tous les visiteurs sont prêts, il ou elle fait tourner un pan de la bibliothèque (oui ! comme dans les films ! et pas seulement Harry Potter…) et vous pouvez accéder au clou de l’expo : une salle meublée de tables en bois avec ces petites lampes vertes qui donne une lumière chiche. Elle est rythmée de piliers qui sont en fait des arbres, dont le feuillage est fait de livres. Dans cette atmosphère magique, vous choisissez un siège et pouvez commencer la visite virtuelle de 10 bibliothèques toutes plus incroyables les unes que les autres, chacune avec son atmosphère, ses bruits, son espace, ses lecteurs ou autres usagers (je ne veux rien révéler). Vous irez ainsi dans une abbaye en Autriche, à Washington, Mexico, Ottawa, vous plongerez sous les mers dans la bibliothèque du Nautilus, puis en remontant à la surface partirez pour le Japon, Copenhague, Paris, Sarajevo et Alexandrie…

Chaque lieu a son âme, ses beautés, une histoire à raconter. L’immersion est totale, vous pouvez regarder à 360°, en haut, en bas… Les concepteurs de l‘exposition ont prévus quelques belles sensations pour les visiteurs, que je ne peux hélas pas vous raconter pour vous laisser toutes les surprises…

Cette expérience unique permise par la réalité virtuelle, la visite de 10 sites tous plus exceptionnels les uns que les autres, les émotions ressenties, tout cela m’a laissé un vif souvenir que j’avais très envie de partager avec vous. J’en suis sortie avec un goût encore plus fort pour les livres et les lieux qui leurs sont consacrés !

Alors n’hésitez pas c’est une des sorties de l’été 2017 à Paris ! Tous les renseignements ici : http://www.bnf.fr/fr/evenements_et_culture/anx_expositions/f.bibliotheque_la_nuit.html

mercredi 25 janvier 2017

Oublier les livres...



N’arrivant plus à ranger mes (nos) livres, j’ai fait un grand réaménagement de nos différentes bibliothèques et étagères. Je suis bien entendu retombée dans mon classement pathologique (cf un vieux billet, ici : lien), mais là n’est pas mon propos d’aujourd’hui.

Quelle ne fut pas surprise, parcourant les titres pour décider comment j’allais les classer maintenant, de constater que je ne me rappelais pas ces livres ? Enfin certains d’entre eux, pas mal d’entre eux, pas tous quand même ! 


Amin Maalouf, les échelles du levant ? J’ai aimé, mais... de quoi ça  parle ?
Roy Lewis, pourquoi j’ai mangé mon père ? Idem
André Gide, les caves du Vatican ? Je n’ai pas aimé, mais… de quoi ça parle ?
Alexandre Dumas, le comte de Monte-Cristo ? Ah nonce livre fait partie de mon Panthéon et je peux vous raconter (presque) tout !
Fédor Dostoïevski, Les frères Karamazov ? Lu au lycée, ce fut long et difficile. Mais c’était bien. Et je ne sais plus pourquoi.
Stefan Zweig, le joueur d’échecs, Michel Tournier, Eléazar ou la source du buisson : mince, j’ai lu ça ?  
N’en jetons plus, la coupe est pleine.

Au lieu de tenter de passer pour un de ces intellectuels capables de vous citer quelques lignes de tous les livres qu’ils ont lus, j’ai préféré vous l’avouer tout net : j’oublie. Mais devant ce constat que faut-il faire ?

Relire alors que j’ai 15 ou 20 livres qui m’attendant dans ma PAL[1] (qui en vrai est constituée d’un panier, cela pourrait être un sujet de billet sur ce blog) ?

Relire, alors que chaque année, entre les rentrées de septembre et de janvier, et l’arrivée des vacances d’été, des centaines de livres nouveaux sont publiés ?

Je le dis tout net : c’est un drame cornélien. Et dire que mon projet de relecture majeur, c’était Les trois mousquetaires (qui n’étaient pas quatre, n’en déplaisent à certains), roman dont je me souviens très bien !

Bref, s’il fallait en tirer en tirer une morale je proposerais celle-ci : la mémoire est fait d’oublis autant que de souvenirs ; entre aller de l’avant et se rappeler il faut choisir ; de toutes façons la lecture doit d’abord rester un plaisir (ce qui veut dire que je relirai si j’en ai envie, na !)


[1] PAL = pile à lire