Il est des bibliothèques qui ne payent pas de mine, mais qui attirent comme des mouches. J'en veux pour preuve ce modeste meuble, rempli depuis toujours (disons d'aussi loin que je me rappelle) de livres de poche.
Enfants, nous tournions autour de ces bouquins, pendant nos vacances. Je n'ai pas précisé: cette bibliothèque est dans une maison de famille ou nous avons passé nombre d'étés et de vacances de printemps. Je ne suis pas une lectrice pathologique (voir billet précédent), mais combien de fois suis-je tombée en arrêt devant ces tentations ! Combien d'heures ai-je passé à regarder les tranches, les
couvertures, puis à choisir (librement, quel bonheur) un ouvrage à lire ?
Je ne les ai jamais comptées, mais elles sont parmi mes souvenirs les plus chers. J'ai ainsi découvert Zola, Steinbeck, Pagnol, une belle éducation n'est-ce pas ?
J'étais dans cette maison la semaine dernière, accompagnée. Et bien je vous le donne en mille, le charme de la bibliothèque a encore agi ! Nous avons passé deux heures un soir à sortir les livres, mon ami éternuant à cause de la poussière mais incapable de s'en empêcher. J'ai alors redécouvert qu'au milieu des romans à portée sociale se trouvaient des polars, des romans d'aventure... Bref, un résumé de littérature.
Il ne me reste qu'à espérer l'arrivée rapide d'une nouvelle génération, celle de mes petits enfants, qui serait alors la 5ème utilisatrice, afin de tester la durée du pouvoir d’attraction d'un petit meuble tout simplement chargé de livres.
Au passage, je mesure la chance que j'ai eue: dans ma famille la lecture n'était pas un passe-temps mais une vraie activité, à laquelle nous n'étions pas poussés mais discrètement encouragés par des échanges et des conseils... Aucune pathologie chez nous !
mercredi 7 novembre 2012
vendredi 2 novembre 2012
Pathologie de la lecture
Pour son tout premier Vases Communicants, A l'encre bleu nuit a le plaisir d'accueillir Martine Silber, grande lectrice, qui vous parle de livres, elle aussi ! Qui se ressemble s'assemble ?
Dès l'enfance, lire a été
un problème. On trouvait que je lisais goulument, on m'accusait de lire trop vite, de sauter des pages, de ne
pas comprendre ce que je lisais. J'ai
pris l'habitude de me cacher. Au fond du jardin. Au grenier. Sur le balcon, même
en hiver.
Je lisais tard sous les draps avec une lampe de poche et quand je
me faisais surprendre, le livre était confisqué et on m'annonçait que j'allais
devenir aveugle. Je ne suis pas devenue aveugle mais sourde, laissant les
adultes s'égosiller, le téléphone
sonner, tandis que je changeais de position comme seuls savent le faire les
enfants, une jambe en l'air, la tête en bas.
Lire est devenu un plaisir
défendu, et au fur et à mesure, une
addiction.
Si je pars en vacances, par peur de manquer, j'emporte un énorme
sac de bouquins. Non seulement pour ne pas rester sans rien à lire, mais pour
pouvoir aussi choisir. Ce qui ne m'empêche pas d'en acheter sur place si par
malheur il y a une librairie car je ne peux pas entrer dans une librairie sans
acheter de façon compulsive ( pas un seul, mais deux ou trois livres au moins
et cela peut aller bien plus loin...). Si je n'ai rien à lire dans le
métro, dans une salle ou une file
d'attente, l'angoisse m'envahit. Je n'ai qu'une idée, m'enfuir, sortir, trouver
un livre, un journal, n'importe quoi pour survivre.
Quand je termine un livre, le choix du suivant est atroce. Comme
tous les drogués sérieux, j'ai des provisions d'avance, les étagères débordent,
les piles montent sol. J'en saisis un
puis un autre, avec une sensation de malaise au fond de l'estomac, incapable de
me décider.
J'ai été un peu sauvée par ma liseuse électronique. J'y empile les
e-bouquins sans vergogne. Personne
d'autre que moi ne peut les voir. Mes réserves sont dissimulées, connues de moi seule et si j'accumule sans lire tout
de suite, pas de réflexions désagréables, pas de sourcils levés, pas de soupirs
désabusés.
Mais je ne peux pas m'empêcher d'acheter aussi des livres papier.
Je n'aime pas beaucoup le shopping, mais je en résiste pas aux devantures des
libraires. Et de la vitrine à la porte d'entrée, il n'y a qu'un pas que je
franchis avec allégresse, totalement consciente que je ne ressortirai pas les
mains vides.
Bien sûr, je rate les stations de métro, je prépare le déjeuner en
retard, je lis le soir jusqu'à ce que mes yeux brûlent.
Je crois même que si j'ai
appris plusieurs langues, ce n'est pas pour communiquer avec les autochtones,
mais plutôt pour pouvoir lire dans le
texte, sans passer par le filtre de la traduction.
Je fréquente peu les bibliothèques que j'ai pourtant écumées dans
mon enfance, je déteste emprunter, je
veux mes livres à moi, chez moi. Mais j'en prête. Ou du moins, j'en
achète en double pour pouvoir les prêter. J'en achète aussi en double parce que
j'ai oublié que je les avais déjà achetés. Plus étrange, j'ai beaucoup de mal à
me décider à lire ceux que l'on m'offre, qui attendent parfois des mois, des
années...
J'ai fait de cette addiction mon métier en devenant critique
littéraire pendant assez longtemps, presque par hasard. Mais il n'y a pas de
hasard, on le sait bien. Seulement, cela n'allait pas. Je croulais sous les
mauvais livres et je n'avais plus le temps de lire ceux dont j'avais envie. En
outre, lire armée d'un crayon, ce n'est plus la même façon de lire et j'ai été
finalement soulagée d'arrêter et de passer à la rubrique théâtre, puis d'avoir
un blog théâtre (http://marsupilamima.Blogspot.com). Une autre
façon d'aimer les textes et d'en parler en préservant mes lectures.
Merci à Valérie de me
prêter cet espace, pas vraiment pour parler de livres, mais de cette pathologie
de la lecture dont je crains qu'elle ne soit incurable...mais ce n'est pas une
maladie orpheline, nous sommes assez nombreux, non?
samedi 27 octobre 2012
Les écrivains savent-ils lire ?
Quand j’étais gosse, à l’école, on apprenait à lire. Je veux
dire, à voix haute, J’aimais beaucoup cet exercice. L’institutrice insistait
sur beaucoup de détails : il
fallait « dire » la ponctuation, mettre le ton, prononcer
correctement… J’ai appris ainsi la différence entre un point virgule, un point
et une virgule (lisez donc cette phrase à voix haute, pour voir). Grâce à cela,
je reconnais à l’oreille un « o » d’un « ô ». J’aimais
beaucoup cet exercice. Aussi suis-je toujours attentive à la façon dont les
écrivains lisent des extraits de leurs livres. Et là, il y a malheureusement parfois
de mauvaises surprises, mais aussi des révélations !
Lors d’une soirée de l’association Paroles d’Encre,
François-Guillaume Lorrain, dont j’ai aimé le roman L’homme de Lyon lit
une nouvelle inédite. Il est impliqué dans son texte, que j’ai aimé, mais il
bute sur des mots, comme s’il avait du mal à les déchiffrer. C’est donc une lecture
heurtée, peu harmonieuse.
Metin Arditi, qui publie Prince d’Orchestre, change
de voix lorsqu’il lit. Il parle dans un registre aigu (enfin pour un homme) et
lit sur un ton plus grave, plus posé. Cela donne de la profondeur à sa lecture.
En2009, Laurent Gaudé avait donné une lecture de sa pièce le
tigre bleu de l’Euphrate au Théâtre Montansier à Versailles. Cet auteur
serait-il aussi acteur ? Il dit son texte brillamment. Je n’ai pas lu la
pièce, je découvre les mots au fur et à mesure. Et je ne peux m’empêcher de me dire
« je ne l’aurais pas lu comme ça ». J’y aurais mis plus de fougue, peut-être
plus d’exaltation par moment, bien que le héros soit en train de mourir. Ici on
touche à la grande question : l’œuvre appartient-elle à son auteur, qui la
voit d’une façon douce, ou à sa spectatrice, qui la voix plus combative ?
Toujours lors d’une rencontre Paroles d’Encre, un écrivain
suisse alémanique, Alex Capus, est invité. Il écrit en allemand, nous parle en
français avec quelques difficultés. Il aura la chance de se voir exempter de l’exercice
de la lecture, pour cause de barrière de langue. Un point crucial ! Pour bien lire à vous
haute, il faut maîtriser le verbe.
Cette semaine dans l’émission La Grande Librairie, Alexandre
Jardin annonce qu’il va lire quelques lignes de son nouveau roman, Joyeux Noël.
Cela n’a pas l’air de plaire à l’animateur, car ce n’était pas prévu. L’auteur
lit, mais en se dépêchant. Trop vite ! L’auditeur n’a pas le temps de se pénétrer
des mots, de les sentir.
Ah que la lecture est un exercice difficile ! Un ami m’a
rapporté que l’auteur Christophe Claro, avant une séance publique, répétait sa
lecture, aidé par sa femme. En voilà un qui a raison !
Et pour finir, si vous avez l’occasion, écoutez Fabrice
Lucchini lire ou dire des textes. C’est là qu’on voir que les mieux placés pour
des lectures orales, ce sont les (grands) lecteurs !
lecture publique de "l'Arboretum Imaginaire"
lundi 22 octobre 2012
D'un monde à l'autre
Un événement se produit
le 21 décembre et passe inaperçu. Sauf pour quelques entreprises paralysées par
un bug informatique. Serait-ce le début de la fin ?
Le 21 décembre 2012 verra-t-il la fin du monde ?
Certains prédisent les pires catastrophes. D’autres nient farouchement,
argumentaire à l’appui. Où est la vérité ? Les deux romans qui composent
« D’un Monde à l’Autre » ne délivrent pas de certitudes, ils
décrivent des possibles et imaginent leurs conséquences. Des mondes qui
meurent, et après…
illustration de Sarah Ivars, couverture réalisée par KlaCson
mercredi 3 octobre 2012
Passages, de Jean-Claude Duponq
J’ai eu un jour l’immense privilège de relire un recueil de
poèmes écrit par mon ami Jean-Claude Duponq, alias Ecritrève (lien) sur son blog et
@asaformation sur Twitter. C’est à la fois une grande responsabilité eu une
belle marque de confiance. J’en sais quelque chose, je lui ai fait relire une
de mes nouvelles ! Il faut dire qu’il m’avait soufflé une excellente
première phrase.
Bon, ne nous dispersons pas. Je lis peu de poésie. C’était
donc un exercice difficile a priori. Mais Jean-Claude me l’a sacrément facilité !
Tout simplement parce que ses poèmes m’ont plu. Et aussi parce qu’il n’y avait
presque rien à corriger, deux fautes de frappe par ci, une étourderie par là,
ce manuscrit avait été drôlement travaillé ! Cette idée de l’auteur
artisan qui polit et repolit ce qu’il a écrit pour en obtenir le meilleur me
séduit.
Quelques mots sur les poèmes ? Simples, rythmés, variés, ces textes touchent
au cœur. Ils évoquent la nature, l’humain, une vie que j’aime. Un zeste de
fantastique, de la jonglerie avec les mots, du quotidien et de l’inattendu, des
silhouettes finement croquées, il y a tout pour un joli moment de lecture. Pour
vous faire plaisir.
Et pour finir, bien avant moi, Jean-Claude jouait sur encre et
ancre. Tu as raison, cher ami, levons l’ancre !
Traces d’ancres
Laisser glisser la
plume
Et tracer la courbe
du verbe
Dans une mer de
tranquillité
S'entourer pour être
plus forts
Dans le passage des
arabesques
Avant d'emprunter la
route des déliés
Et s'étourdir des
rires
Aux sonates
éphémères
Au diable la chrysalide
!
Et adieu les ratures
File, file la bille
De l'encre
Des
ancres, il naîtra !
Je
sens que ça vous tente, alors vous pouvez
trouver ce recueil ici.
mardi 18 septembre 2012
mes livres de l'été : le bilan
Bonjour chers amis ! A l'encre bleu nuit reprend lentement du service…
Vous vous rappelez ? En partant je vous ai parlé de ma pile de lecture pour les vacances.. Et bien exceptionnellement, j’ai tout lu ! D’habitude j’en emmène trop, je trimballe mes mes livres de lieu de vacances en lieu de vacances, je les installe amoureusement sur ma table de nuit et…je les ramène à la maison.
Bon, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Je les ai ramenés mes livres, je ne les abandonne jamais ! Souvenez-vous comme je suis psychorigide avec eux (c’est là) !
J’ai annoncé que je ne ferai pas de compte-rendu de lecture, donc je n’en fait pas. Sinon, quelle opinion auriez-vous de moi ? Voici donc des avis, qui n’engagent que moi…
- Yasmina Khadra, Cousine K (auteur conseillé par un ami)
Aïe. Je commence mal la liste. Belle histoire, solide et forte. Mais une écriture qui m’a déroutée… Compliquée… Il y a même une phrase que je n’ai pas comprise !
- Christian Bobin, prisonnier au berceau (conseillé par @centrino12345 de twitter)
Déçue. J’attendais une chronique sur Le Creusot. Mal-entendu entre moi et l’auteur : il s’agit de mémoires, très orientées vers une religiosité que je ne partage pas.
- Freidrich Durrenmatt, romans (livre prêté par un ami)
J’ai lu « La panne ». Une histoire loufoque mais très bien construite, une vraie puissance narrative, un suspense maîtrisé et une chute réussie.
- Thierry Crouzet, j'ai débranché (livre en fuite de @tulisquoi)
L’auteur raconte son expérience lorsqu’il a décidé de débrancher du Net. Troublant, ça pose plein de questions, j’ai d’ailleurs échangé un peu avec lui sur Twitter à ce sujet.
- Jo Nesbo, le léopard (attirée par la pub, je le confesse)
Oserais-je dire un polar classique ? Un flic abîmé par la vie, des meurtres… Une très bonne histoire ou l’auteur lance plein de fausses pistes et nous perd complètement, mais c’est trop long… plus de 700 pages, l’histoire n’en justifie pas tant.
- Haruki Murakami, 1Q84 tome 2 (ayant déjà lu le tome 1...)
Toujours mystérieux ce livre. Dans ce tome l’intrigue se développe… jusqu’à la mort d’un des personnages principaux, diable que peut-il se passer dans le tome 3 ?
A vous de jouer ! Racontez-nous vos lectures estivales, que nous conseillez-vous ?
lundi 23 juillet 2012
mes livres de l'été
Les beaux jours arrivent enfin (!), il est temps que je pense à mes lectures de vacances. C'est que je pars dans quatre jours ! Mais tout ça c'est la faute du soleil, il est arrivé tellement tard que je n'y croyais plus, à l'été. Bref, je ne suis pas prête.
D'habitude, un mois avant, je me renseigne sur les nouveautés, je fais la liste de ce que je n'ai pas eu le temps de lire, je visite une ou deux librairies... Cette année, j'ai dû changer de méthode. J'ai donc fouillé sur mon étagère de "livres en attente de lecture", acheté deux livres en numérique, filé à la médiathèque...
Voici donc ma pile d'été, un peu due au hasard, un peu à la débrouille:
- Yasmina Khadra, Cousine K (auteur conseillé par un ami)
- Christian Bobin, prisonnier au berceau (conseillé par @centrino12345 de twitter)
- Freidrich Durrenmatt, romans (livre prêté par un ami)
- Thierry Crouzet, j'ai débranché (livre en fuite de @tulisquoi)
- Jo Nesbo, le léopard (attirée par la pub, je le confesse)
- Haruki Murakami, 1Q84 tome 2 (ayant déjà lu le tome 1...)
Je vous rappelle mes amis que ce blog n'est pas un blog de critiques littéraires. Inutile don d’insister, je ne ferai pas de comptes-rendus de lecture. Tout au plus vous donnerai-je rendez-vous à la fin de l'été pour vous dire j'ai eu ou non plaisir à lire cette année...
A bientôt donc, bises à tous, A l'encre bleu nuit se met en congés !
D'habitude, un mois avant, je me renseigne sur les nouveautés, je fais la liste de ce que je n'ai pas eu le temps de lire, je visite une ou deux librairies... Cette année, j'ai dû changer de méthode. J'ai donc fouillé sur mon étagère de "livres en attente de lecture", acheté deux livres en numérique, filé à la médiathèque...
Voici donc ma pile d'été, un peu due au hasard, un peu à la débrouille:
- Yasmina Khadra, Cousine K (auteur conseillé par un ami)
- Christian Bobin, prisonnier au berceau (conseillé par @centrino12345 de twitter)
- Freidrich Durrenmatt, romans (livre prêté par un ami)
- Thierry Crouzet, j'ai débranché (livre en fuite de @tulisquoi)
- Jo Nesbo, le léopard (attirée par la pub, je le confesse)
- Haruki Murakami, 1Q84 tome 2 (ayant déjà lu le tome 1...)
Je vous rappelle mes amis que ce blog n'est pas un blog de critiques littéraires. Inutile don d’insister, je ne ferai pas de comptes-rendus de lecture. Tout au plus vous donnerai-je rendez-vous à la fin de l'été pour vous dire j'ai eu ou non plaisir à lire cette année...
A bientôt donc, bises à tous, A l'encre bleu nuit se met en congés !
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