samedi 10 novembre 2012

l'ivresse de lire

Mon ami Alain,qui nous a déjà régalé de l'épisode #3 du Chêne adolescent, a été inspiré par l'article de Martine Silber sur la lecture pathologique, et nous livre ici sa propre expérience
.
Peu importe le moyen pourvu qu'on ait l'ivresse,
Quelques alexandrins pour ma petite presse.
Chers vous, 
à mon tour de mettre en mots et avec plaisir ,
mon peu glorieux chemin vers l'ivresse de lire.
Le chemin prit 20 ans, voir trente et meme quarante,
L'important c'est d'y être, et sur la bonne pente !
Enfant précoce timide,  joueur et anxieux,
Pour la lecture je n'avais jamais temps ni yeux,
A dix ans Oh ma mère , Quelle idée salutaire !
J'avais besoin d'argent, un projet "ondes et air",
Et elle offrit deux francs, par livre lu résumé, 
Ce fut certes scolaire, vous en conviendrez,
mais vraiment efficace, c'est ce qu'il me fallait,
faire deux choses à la fois, c'est encore assez moi !
Et ainsi Aujourd'hui, plus de trente ans plus tard, 
Lire est quotidien, tout cela gratuitement,
Il m'arrive même d'écrire, ca sort presque fluidement,
Alors je vous souris, et vous salue, vive l'art !
 cette enfant sur son chemin suivra-t-elle celui d'Alain ? 

mercredi 7 novembre 2012

Une bibliothèque toute simple

Il est des bibliothèques qui ne payent pas de mine, mais qui attirent comme des mouches. J'en veux pour preuve ce modeste meuble, rempli depuis toujours (disons d'aussi loin que je me rappelle) de livres de poche.



Enfants, nous tournions autour de ces bouquins, pendant nos vacances. Je n'ai pas précisé: cette bibliothèque est dans une maison de famille ou nous avons passé nombre d'étés et de vacances de printemps. Je ne suis pas une lectrice pathologique (voir billet précédent), mais combien de fois suis-je tombée en arrêt devant ces tentations ! Combien d'heures ai-je passé à regarder les tranches, les couvertures, puis à choisir (librement, quel bonheur) un ouvrage à lire ? Je ne les ai jamais comptées, mais elles sont parmi mes souvenirs les plus chers. J'ai ainsi découvert Zola, Steinbeck, Pagnol, une belle éducation n'est-ce pas ?


J'étais dans cette maison la semaine dernière, accompagnée. Et bien je vous le donne en mille, le charme de la bibliothèque a encore agi ! Nous avons passé deux heures un soir à sortir les livres, mon ami éternuant à cause de la poussière mais incapable de s'en empêcher. J'ai alors redécouvert qu'au milieu des romans à portée sociale se trouvaient des polars, des romans d'aventure... Bref, un résumé de littérature.

Il ne me reste qu'à espérer l'arrivée rapide d'une nouvelle génération, celle de mes petits enfants, qui serait alors la 5ème utilisatrice, afin de tester la durée du pouvoir d’attraction d'un petit meuble tout simplement chargé de livres.

Au passage, je mesure la chance que j'ai eue: dans ma famille la lecture n'était pas un passe-temps mais une vraie activité, à laquelle nous n'étions pas poussés mais discrètement encouragés par des échanges et des conseils... Aucune pathologie chez nous !

vendredi 2 novembre 2012

Pathologie de la lecture

Pour son tout premier Vases Communicants, A l'encre bleu nuit a le plaisir d'accueillir Martine Silber, grande lectrice, qui vous parle de livres, elle aussi ! Qui se ressemble s'assemble ?



 Dès l'enfance, lire a été un problème. On trouvait que je lisais goulument, on m'accusait  de lire trop vite, de sauter des pages, de ne pas comprendre ce que je lisais.  J'ai pris l'habitude de me cacher. Au fond du jardin. Au grenier. Sur le balcon, même en hiver.

Je lisais tard sous les draps avec une lampe de poche et quand je me faisais surprendre, le livre était confisqué et on m'annonçait que j'allais devenir aveugle. Je ne suis pas devenue aveugle mais sourde, laissant les adultes  s'égosiller, le téléphone sonner, tandis que je changeais de position comme seuls savent le faire les enfants, une jambe en l'air, la tête en bas.

 Lire est devenu un plaisir défendu, et au fur et à mesure,   une addiction.

Si je pars en vacances, par peur de manquer, j'emporte un énorme sac de bouquins. Non seulement pour ne pas rester sans rien à lire, mais pour pouvoir aussi choisir. Ce qui ne m'empêche pas d'en acheter sur place si par malheur il y a une librairie car je ne peux pas entrer dans une librairie sans acheter de façon compulsive ( pas un seul, mais deux ou trois livres au moins et cela peut aller bien plus loin...). Si je n'ai rien à lire dans le métro,  dans une salle ou une file d'attente, l'angoisse m'envahit. Je n'ai qu'une idée, m'enfuir, sortir, trouver un livre, un journal, n'importe quoi pour survivre.

Quand je termine un livre, le choix du suivant est atroce. Comme tous les drogués sérieux, j'ai des provisions d'avance, les étagères débordent, les piles montent  sol. J'en saisis un puis un autre, avec une sensation de malaise au fond de l'estomac, incapable de me décider.



J'ai été un peu sauvée par ma liseuse électronique. J'y empile les e-bouquins  sans vergogne. Personne d'autre que moi ne peut les voir. Mes réserves sont dissimulées, connues  de moi seule et si j'accumule sans lire tout de suite, pas de réflexions désagréables, pas de sourcils levés, pas de soupirs désabusés.

Mais je ne peux pas m'empêcher d'acheter aussi des livres papier. Je n'aime pas beaucoup le shopping, mais je en résiste pas aux devantures des libraires. Et de la vitrine à la porte d'entrée, il n'y a qu'un pas que je franchis avec allégresse, totalement consciente que je ne ressortirai pas les mains vides.

Bien sûr, je rate les stations de métro, je prépare le déjeuner en retard, je lis le soir jusqu'à ce que mes yeux brûlent.

 Je crois même que si j'ai appris plusieurs langues, ce n'est pas pour communiquer avec les autochtones, mais plutôt  pour pouvoir lire dans le texte, sans passer par le filtre de la traduction.

Je fréquente peu les bibliothèques que j'ai pourtant écumées dans mon enfance, je déteste emprunter, je  veux mes livres à moi, chez moi. Mais j'en prête. Ou du moins, j'en achète en double pour pouvoir les prêter. J'en achète aussi en double parce que j'ai oublié que je les avais déjà achetés. Plus étrange, j'ai beaucoup de mal à me décider à lire ceux que l'on m'offre, qui attendent parfois des mois, des années...

J'ai fait de cette addiction mon métier en devenant critique littéraire pendant assez longtemps, presque par hasard. Mais il n'y a pas de hasard, on le sait bien. Seulement, cela n'allait pas. Je croulais sous les mauvais livres et je n'avais plus le temps de lire ceux dont j'avais envie. En outre, lire armée d'un crayon, ce n'est plus la même façon de lire et j'ai été finalement soulagée d'arrêter et de passer à la rubrique théâtre, puis d'avoir un blog théâtre (http://marsupilamima.Blogspot.com). Une autre façon d'aimer les textes et d'en parler en préservant mes lectures.



 Merci à Valérie de me prêter cet espace, pas vraiment pour parler de livres, mais de cette pathologie de la lecture dont je crains qu'elle ne soit incurable...mais ce n'est pas une maladie orpheline, nous sommes assez nombreux, non?



samedi 27 octobre 2012

Les écrivains savent-ils lire ?



Quand j’étais gosse, à l’école, on apprenait à lire. Je veux dire, à voix haute, J’aimais beaucoup cet exercice. L’institutrice insistait sur beaucoup de détails : il  fallait « dire » la ponctuation, mettre le ton, prononcer correctement… J’ai appris ainsi la différence entre un point virgule, un point et une virgule (lisez donc cette phrase à voix haute, pour voir). Grâce à cela, je reconnais à l’oreille un « o » d’un « ô ». J’aimais beaucoup cet exercice. Aussi suis-je toujours attentive à la façon dont les écrivains lisent des extraits de leurs livres. Et là, il y a malheureusement parfois de mauvaises surprises, mais aussi des révélations !

Lors d’une soirée de l’association Paroles d’Encre, François-Guillaume Lorrain, dont j’ai aimé le roman L’homme de Lyon lit une nouvelle inédite. Il est impliqué dans son texte, que j’ai aimé, mais il bute sur des mots, comme s’il avait du mal à les déchiffrer. C’est donc une lecture heurtée, peu harmonieuse.

Metin Arditi, qui publie Prince d’Orchestre, change de voix lorsqu’il lit. Il parle dans un registre aigu (enfin pour un homme) et lit sur un ton plus grave, plus posé. Cela donne de la profondeur à sa lecture.

En2009, Laurent Gaudé avait donné une lecture de sa pièce le tigre bleu de l’Euphrate au Théâtre Montansier à Versailles. Cet auteur serait-il aussi acteur ? Il dit son texte brillamment. Je n’ai pas lu la pièce, je découvre les mots au fur et à mesure. Et je ne peux m’empêcher de me dire « je ne l’aurais pas lu comme ça ». J’y aurais mis plus de fougue, peut-être plus d’exaltation par moment, bien que le héros soit en train de mourir. Ici on touche à la grande question : l’œuvre appartient-elle à son auteur, qui la voit d’une façon douce, ou à sa spectatrice, qui la voix plus combative ?

Toujours lors d’une rencontre Paroles d’Encre, un écrivain suisse alémanique, Alex Capus, est invité. Il écrit en allemand, nous parle en français avec quelques difficultés. Il aura la chance de se voir exempter de l’exercice de la lecture, pour cause de barrière de langue.  Un point crucial ! Pour bien lire à vous haute, il faut maîtriser le verbe.

Cette semaine dans l’émission La Grande Librairie, Alexandre Jardin annonce qu’il va lire quelques lignes de son nouveau roman, Joyeux Noël. Cela n’a pas l’air de plaire à l’animateur, car ce n’était pas prévu. L’auteur lit, mais en se dépêchant. Trop vite ! L’auditeur n’a pas le temps de se pénétrer des mots, de les sentir.

Ah que la lecture est un exercice difficile ! Un ami m’a rapporté que l’auteur Christophe Claro, avant une séance publique, répétait sa lecture, aidé par sa femme. En voilà un qui a raison !

Et pour finir, si vous avez l’occasion, écoutez Fabrice Lucchini lire ou dire des textes. C’est là qu’on voir que les mieux placés pour des lectures orales, ce sont les (grands) lecteurs ! 


lecture publique de "l'Arboretum Imaginaire"

lundi 22 octobre 2012

D'un monde à l'autre


Une petite fille qui voit des nombres, qui est convaincue qu’il va se passer quelque chose. Quoi ? Elle l’ignore. Son entourage ne la croit pas. Jusqu’au jour où…

Un événement se produit le 21 décembre et passe inaperçu. Sauf pour quelques entreprises paralysées par un bug informatique. Serait-ce le début de la fin ?

Le 21 décembre 2012 verra-t-il la fin du monde ? Certains prédisent les pires catastrophes. D’autres nient farouchement, argumentaire à l’appui. Où est la vérité ? Les deux romans qui composent « D’un Monde à l’Autre » ne délivrent pas de certitudes, ils décrivent des possibles et imaginent leurs conséquences. Des mondes qui meurent, et après… 



illustration de Sarah Ivars, couverture réalisée par KlaCson

Enfin disponible sur le site de TheBookEdition (cliquez)


mercredi 3 octobre 2012

Passages, de Jean-Claude Duponq



J’ai eu un jour l’immense privilège de relire un recueil de poèmes écrit par mon ami Jean-Claude Duponq, alias Ecritrève (lien) sur son blog et @asaformation sur Twitter. C’est à la fois une grande responsabilité eu une belle marque de confiance. J’en sais quelque chose, je lui ai fait relire une de mes nouvelles ! Il faut dire qu’il m’avait soufflé une excellente première phrase.

Bon, ne nous dispersons pas. Je lis peu de poésie. C’était donc un exercice difficile a priori. Mais Jean-Claude me l’a sacrément facilité ! Tout simplement parce que ses poèmes m’ont plu. Et aussi parce qu’il n’y avait presque rien à corriger, deux fautes de frappe par ci, une étourderie par là, ce manuscrit avait été drôlement travaillé ! Cette idée de l’auteur artisan qui polit et repolit ce qu’il a écrit pour en obtenir le meilleur me séduit.

Quelques mots sur les poèmes ?  Simples, rythmés, variés, ces textes touchent au cœur. Ils évoquent la nature, l’humain, une vie que j’aime. Un zeste de fantastique, de la jonglerie avec les mots, du quotidien et de l’inattendu, des silhouettes finement croquées, il y a tout pour un joli moment de lecture. Pour vous faire plaisir.


Et pour finir, bien avant moi, Jean-Claude jouait sur encre et ancre. Tu as raison, cher ami, levons l’ancre !

   Traces d’ancres

   Laisser glisser la plume
   Et tracer la courbe du verbe
   Dans une mer de tranquillité
   S'entourer pour être plus forts
   Dans le passage des arabesques
   Avant d'emprunter la route des déliés
   Et s'étourdir des rires
   Aux sonates éphémères
   Au diable la chrysalide !
   Et adieu les ratures
   File, file la bille
   De l'encre
   Des ancres, il naîtra !

Je sens que ça vous tente,  alors vous pouvez trouver ce recueil ici.

mardi 18 septembre 2012

mes livres de l'été : le bilan



Bonjour chers amis ! A l'encre bleu nuit reprend lentement du service…


Vous vous rappelez ? En partant je vous ai parlé de ma pile de lecture pour les vacances.. Et bien exceptionnellement, j’ai tout lu ! D’habitude j’en emmène trop, je trimballe mes mes livres de lieu de vacances en lieu de vacances, je les installe amoureusement sur ma table de nuit et…je les ramène à la maison.

Bon, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Je les ai ramenés mes livres, je ne les abandonne jamais ! Souvenez-vous comme je suis psychorigide avec eux (c’est là) !

J’ai annoncé que je ne ferai pas de compte-rendu de lecture, donc je n’en fait pas. Sinon, quelle opinion auriez-vous de moi ? Voici donc des avis, qui n’engagent que moi…

- Yasmina Khadra, Cousine K (auteur conseillé par un ami)
Aïe. Je commence mal la liste. Belle histoire, solide et forte. Mais une écriture qui m’a déroutée… Compliquée… Il y a même une phrase que je n’ai pas comprise !

- Christian Bobin, prisonnier au berceau (conseillé par @centrino12345 de twitter)
Déçue. J’attendais une chronique sur Le Creusot. Mal-entendu entre moi et l’auteur : il s’agit de mémoires, très orientées vers une religiosité que je ne partage pas.


 
- Freidrich Durrenmatt, romans (livre prêté par un ami)
J’ai lu « La panne ». Une histoire loufoque mais très bien construite, une vraie puissance narrative, un suspense maîtrisé et une chute réussie.
 
- Thierry Crouzet, j'ai débranché (livre en fuite de @tulisquoi)
L’auteur raconte son expérience lorsqu’il a décidé de débrancher du Net. Troublant, ça pose plein de questions, j’ai d’ailleurs échangé un peu avec lui sur Twitter à ce sujet. 


 
- Jo Nesbo, le léopard (attirée par la pub, je le confesse)
Oserais-je dire un polar classique ? Un flic abîmé par la vie, des meurtres… Une très bonne histoire ou l’auteur lance plein de fausses pistes et nous perd complètement, mais c’est trop long…  plus de 700 pages, l’histoire n’en justifie pas tant.

- Haruki Murakami, 1Q84 tome 2 (ayant déjà lu le tome 1...)
Toujours mystérieux ce livre. Dans ce tome l’intrigue se développe… jusqu’à la mort d’un des personnages principaux, diable que peut-il se passer dans le tome 3 ?


A vous de jouer ! Racontez-nous vos lectures estivales, que nous conseillez-vous ?