lundi 2 avril 2012

Chêne adolescent, rapport d'étape.

Bonjour, 


Quatre lecteurs et amateurs d'encre, quelle que soit sa couleur, ont contribué à fonder l'histoire du "Chêne Adolescent". Voici donc le "texte intégral", en attendant un nouveau départ de ce texte, dont je vais me charger... 

merci à Jean-Claude (voir son blog), Alain, @Lvir et @ilétaitunevoie alias Romancière Saviezza pour leurs contributions.


Bonne lecture !


Un peu en retrait du chemin poussait un chêne. Un tronc presque droit, une ramure équilibrée, il avait tout de l’arbre vénérable. A ses côtés, un rejeton avait pris racine. Haut de deux mètres environ, ses rares branches se jetaient farouchement à l’opposé de son grand frère, comme si une force magnétique les repoussait. Cela lui donnait un aspect tordu et grêle, d’un bel effet comique.

Un observateur passant par là un jour de soleil aurait vite compris que le petit arbre recherchait avidemment la lumière, absorbée par l’abondant feuillage du chêne dominant. Aucune force de répulsion là dedans !

On pouvait imaginer le jeune blanc-bec pestant en son for intérieur, se demandant quand l’autre crèverait et lui laisserait enfin profiter du soleil et se redresser. Et l’observateur aurait eu envie de lui conseiller de ronger son frein…

Les hôtes, il n'en avait pas manqué pourtant.

Un troubadour, ivre de ses strophes, avait bien livré quelques confessions sur des cahiers aux rythmes de guitare. Il avait presque osé graver les petits noms d'Hélène ou de la Jeanne sur le tronc du vénérable feuillu.  Virent également de respectables charpentiers songeant à de robustes chevrons, des bûcherons enhardis par le marché du bois de chauffage et même un évêque... Pourquoi un évêque me direz-vous ?

Un projet de création de chapelle dédiée à Sainte Félicie avait cours à cette époque, l'argument majeur semblait se teinter de piété mais le but était bien différent. Il s'agissait de fournir quelques précieux subsides au pauvre diocèse. Après tout, n'y avait-il pas un exemple à Allouville-Bellefosse[1] en Normandie ?

Et le petit chêne, tout tordu, dépossédé de lumière frémissait d'envie à la vue de si augustes personnages. Ce n'est pas sur ces flancs que s'exposeraient les ébauches d'amoureux de passage.

Mais, vint à son tour une dernière visite, sinistre, envahissante, nécrosante pour le bel arbre : la phytophthora ramorum[2]. La maladie s'installa rapidement, infiltrante et pénétrante comme les rayons de soleil de cet automne qui allait s'avérer funeste pour l'un des deux arbres.

Ce furent donc désormais plutôt des spécialistes agricoles, forestiers et pépiniéristes qui défilèrent devant les deux arbres. Il était fascinant de constater comme la maladie semblait les réunir et les prendre tous deux d'une même étreinte. Les troncs, feuillages, branches et écorces des deux arbres portaient les mêmes stigmates : colorations effritantes et crevasses pourrissantes.

Les deux arbres ne semblaient plus se déployer vers le ciel dans des directions opposées mais s'enfoncer ensemble dans le sol d'un même épuisement maladif et des mêmes reflets soufrés. Des photos furent prises, des articles parurent dans la presse locale, puis nationale.

C'est alors qu'on découvrit que le grand arbre avait été planté là par les grands parents paternels de l'un des deux favoris à l'élection présidentielle de 2012 ! Dès lors ce fut une nouvelle vague de visiteurs, journalistes et analystes politiques. Il se produisit une véritable floraison hivernale d'articles sur nos partis politiques, aussi malades que les deux arbres, par le manque de lumière du à la prééminence d'un chef hyper-écrasant et par les crevasses décolorantes dues aux égoïsmes et rivalités permanentes...

Désormais, les deux chênes, unis dans la déchéance de leurs êtres, devinrent les symboles d'une France en crise. Le défilé incessant des candidats souillait la nature encore fraiche à leurs racines.
Les plus véhéments à haranguer les citoyens au pied des deux grands malades étaient les écologistes, armés d'un bataillon de photographes, d'équipes de tournage, de maquilleurs, sans compter les redoutables attachés en communication, piétinant les herbes, rabrouant les mousses, écrasant les bois morts, afin de rendre l'endroit praticable pour l'éminence du parti.
Sentant soudain l'électorat sensible à la cause, la droite se fit forte de redorer son blason en décrétant que l'éradication de la phytophthora ramorum deviendrait une priorité nationale suite à l'élection, et que plus que jamais le chêne représentait l’emblème du mouvement.
La gauche voyait dans ce tableau l'allégorie du faible contre le fort, la lutte des classes, le combat ouvrier, et calomniait à mots couverts le candidat de droite en le comparant au chêne adolescent. Elle susurrait que, tout comme lui,  le jeune chêne  n’avait survécu jusque-là que grâce à la protection du vieux, et qu’à présent, ce roquet s’emparait de sa sève pour subsister.
Devant les bassesses des petits hommes, les deux chênes, qui en avaient vu d’autres, sentaient la pourriture les étreindre et  le changement se profiler. Bientôt, leur vigoureux  houppier d’antan ne serait plus qu’un tronc écourté et colonisé par des mousses et insectes.
Pendant ce temps, les océans, mers et étendues d’eaux n’avaient de cesse, plus que d'envie de rappeler à l’ordre ce ramassis de fossoyeurs terrestres, face à la destruction massive des espérances de rappeler chacun à ses obligations. Personne ne s'en préoccupait. C'est en observant un à un des immeubles marins remporter une victoire silencieuse sur la quête d’évasion des peuples, que trente-sept y ont laissé la vie, presque dans le plus grand silence... Ils étaient plus de vingt plus de cent ils étaient des milliers à pleurer désormais sur leurs erreur, d’avoir voulu, d'avoir tenté d'oublier leur malheur en misant sur leurs petites ou grandes économies à seule fin de se la couler sur la grande bleue et tenter de voir ailleurs si le meilleur s’y trouvait.

Même les eaux de la terre n’ont pas attiré l’affliction justifiée par ces tristes événements. Sur ces lieux sinistrés, aucune estafette de droite, de gauche, du centre, de vert, de rouge, de … Personne et pourtant… Pendant ce temps, un arbre, gros certes, dont on a dit qu'il était de la catégorie des chênes, alors donc, un vieux chêne malade, un leurre, une chimère monétaire, tente pour sa part d’éviter les secousses en passant entre les meetings, les naufrages, les massacres de journalistes, pour tenter de faire oublier qu'après avoir mené le sol de ce monde, il a avec plus que de passion, jouit et abusé de quelques feux de rampe et joyeux joyaux sans contrainte mais avec le soutien de quelques magnats, promoteurs, et autres grands de ce monde. Le vieux chêne s’est politiquement, humainement énucléé dans une sombre chambre, d’une non moins sombre histoire. Médias et masses se sont infiltrés dans les dernières branches auxquelles il a tenté de faire appel pour évoquer sa grandeur passée. Quelle tristesse pour un vieil arbre, mais quel honneur pour la nature. Quelle belle loi que celle de l'immuable éviction des produits malades, condamnés à un pourrissement naturel afin de fourbir terreau et tourbe pour voir refleurir de gauche, de droite, du centre des bois, des plaines et des jardins, ces jeunes glands qui s’enracineront et dont on saura avec le temps s’ils sont faits pour durer.
De nos deux chênes l’un plus que l’autre est appelé à en tomber… de cette volonté de grandir. L’on sait maintenant que seul l’enracinement est la valeur de l'humble. Soyons donc pauvre pour vivre mieux. Mais ne mélangeons pas les propos, ni les candidats à la prestigieuse étole, ni les imposteurs, ni les diffamateurs ne trouveront de place dans le terroir. Qu’est-ce que le chêne sinon un gland à faire germer ? Quel boutonneux se dégagera ?
Le meilleur rassemblement ne procède-t-il pas d’une simple observation de notre mère nature : le jasmin? le chêne ? Et le cèdre aujourd'hui que devient-il ?


[1]    http://fr.wikipedia.org/wiki/Chêne_d'Allouville
[2]    http://goo.gl/IaJVd

vendredi 30 mars 2012

Royaume des morts, royaume de la poésie


Une visite au Père Lachaise peut être une belle promenade au royaume des lettres. Pas seulement me direz-vous, on y rencontre aussi des musiciens, des savants, des dignitaires de l'Empire... Mais vous me connaissez, j'aime bien parler de ceux qui œuvrent avec leur plume...

Compte tenu de la magie du lieu, de son ambiance feutrée et paisible malgré la foule de visiteurs, de son aspect de parc arboré malgré l'entassement des tombes, comment ne pas s'intéresser surtout aux poètes ? Le lieu semble fait pour eux. Mon coup de cœur personnel va à Jean-Baptiste Clément, auteur de Le Temps des Cerises, qui fait face pour l'éternité au mur des Fédérés. 



Au passage, une pensée émue pour tous ceux à qui cette partie du cimetière rend hommage nous habite: déportés morts dans les camps, républicains espagnols et brigadistes, victimes d'attentat et bien sûr les 147 communards morts mort là en 1871.

Paul Eluard, malgré ses relations chaotiques avec le parti communiste, chemine main dans la main avec Maurice Thorez. 



Comme il l'avait souhaité dans son poème Elégie:
Mes chers amis, quand je mourrai,
Plantez un saule au cimetière.
J'aime son feuillage éploré ;
La pâleur m'en est douce et chère,
Et son ombre sera légère
À la terre où je dormirai.
Alfred de Musset dort sous un saule. 



Dernier poète de ces rencontres, Jean de la Fontaine accompagne sobrement Molière au sein du royaume de la fantaisie au service de la morale. 



La cloche résonne, dirigeons-nous d'un pas nonchalant vers la sortie... pour déboucher dans une rue encombrée de voitures et parsemée de feux rouges, pour sortir d'un univers de paix et de créativité et retrouver brutalement la civilisation moderne. Souhaitons à nos poètes un repos serein à l'ombre des vieux arbres qui veillent sur eux.

mercredi 21 mars 2012

Extrait #3: Leonardo Padura

Ancien flic, bibliophile, le héros se souvient :  

«Mario Conde (…) n’avait jamais osé emporter, à des fins personnelles, un seul livre de la bibliothèque du lycée, alors que Cristóbal avait instauré une exception impensable, en le laissant entrer dans la réserve pour qu’il y fouille à sa convenance et choisisse ses lectures. La conviction que le monde pouvait être un champ de bataille mais qu’une bibliothèque était un terrain inviolablement neutre et collectif s’était enracinée dans son esprit comme l’un des apports les plus beaux de sa vie (…) »

In : Les Brumes du passé, Ed. Métailié

lundi 19 mars 2012

Chêne adolescent #5

Voici enfin la suite, écrite par celle qui se cache sous les pseudos de @ilétaitunevoix sur twitter et Romancière Saviezza sur Facebook.

rappel des premiers épisodes


Suite: 
 Pendant ce temps, les océans, mers et étendues d’eaux n’avaient de cesse, plus que d'envie de rappeler à l’ordre ce ramassis de fossoyeurs terrestres, face à la destruction massive des espérances de rappeler chacun à ses obligations. Personne ne s'en préoccupait. C'est en observant un à un des immeubles marins remporter une victoire silencieuse sur la quête d’évasion des peuples, que trente-sept y ont laissé la vie, presque dans le plus grand silence... Ils étaient plus de vingt plus de cent ils étaient des milliers à pleurer désormais sur leurs erreur, d’avoir voulu, d'avoir tenté d'oublier leur malheur en misant sur leurs petites ou grandes économies à seule fin de se la couler sur la grande bleue et tenter de voir ailleurs si le meilleur s’y trouvait.

Même les eaux de la terre n’ont pas attiré l’affliction justifiée par ces tristes événements. Sur ces lieux sinistrés, aucune estafette de droite, de gauche, du centre, de vert, de rouge, de … Personne et pourtant… Pendant ce temps, un arbre, gros certes, dont on a dit qu'il était de la catégorie des chênes, alors donc, un vieux chêne malade, un leurre, une chimère monétaire, tente pour sa part d’éviter les secousses en passant entre les meetings, les naufrages, les massacres de journalistes, pour tenter de faire oublier qu'après avoir mené le sol de ce monde, il a avec plus que de passion, jouit et abusé de quelques feux de rampe et joyeux joyaux sans contrainte mais avec le soutien de quelques magnats, promoteurs, et autres grands de ce monde. Le vieux chêne s’est politiquement, humainement énucléé dans une sombre chambre, d’une non moins sombre histoire. Médias et masses se sont infiltrés dans les dernières branches auxquelles il a tenté de faire appel pour évoquer sa grandeur passée. Quelle tristesse pour un vieil arbre, mais quel honneur pour la nature. Quelle belle loi que celle de l'immuable éviction des produits malades, condamnés à un pourrissement naturel afin de fourbir terreau et tourbe pour voir refleurir de gauche, de droite, du centre des bois, des plaines et des jardins, ces jeunes glands qui s’enracineront et dont on saura avec le temps s’ils sont faits pour durer.
De nos deux chênes l’un plus que l’autre est appelé à en tomber… de cette volonté de grandir. L’on sait maintenant que seul l’enracinement est la valeur de l'humble. Soyons donc pauvre pour vivre mieux. Mais ne mélangeons pas les propos, ni les candidats à la prestigieuse étole, ni les imposteurs, ni les diffamateurs ne trouveront de place dans le terroir. Qu’est-ce que le chêne sinon un gland à faire germer ? Quel boutonneux se dégagera ?
Le meilleur rassemblement ne procède-t-il pas d’une simple observation de notre mère nature : le jasmin? le chêne ? Et le cèdre aujourd'hui que devient-il ?

qui prend la suite ? 

mercredi 7 mars 2012

Littéraire ou scientifique ?

  Bibliobs a publié récemment un article intitulé « bandes de littéraires ! » (lien). Je l’ai posté sur Twitter, et ce sujet a fait un peu débat. Un littéraire peut-il être scientifique ? Et inversement ? J’ai eu envie de vous raconter une anecdote familiale qui clôt le débat.

  Encore petite (7 ans ?), ma fille me demande un soir à table "dis Maman, raconte-moi l’histoire de Newton et la pomme ?". Me voici donc évoquant la légende du célèbre Isaac, paressant sous un pommier, observant les fruits tomber. Sa curiosité naturelle l’amène à se poser une question que personne ne s’était posée avant : pourquoi, quand la pomme se détache, tombe-t-elle au lieu de rester là ou elle est ? Et paf !il invente la gravité universelle.
  Et ma fille de s’exclamer : "Ben tu vois, les savants et les écrivains, c’est pareil, ils se posent des questions que les autres ne se posent pas !"
  Elle me rappelle alors la rencontre organisée par son école avec Anne-Marie Desplat-Duc, écrivain pour enfants. L’auteur leur avait expliqué comment elle avait imaginé un de ses livres, récit des aventures des fruits, yaourts et autres bouteilles de lait dans un frigo. Elle avait essayé de répondre à une question : "Que se passe-t-il dans ma machine à froid quand la porte est fermée ? Personne ne le sait…"

Voici donc comment littéraires et scientifiques peuvent se rejoindre : ils se posent des questions que la majorité des gens (vous, moi…) ne se posent pas.

mercredi 29 février 2012

les #lecteursducanal #2

En ce samedi glacial sur Paris, les #lecteursducanal (pour savoir ce que c’est, regarder ) ont décidé de ne pas se réunir au bord de l’eau, mais bien au chaud, au bar du Théâtre du Rond-Point. Deux habitués manquent à l’appel, quel dommage… Attablés avec qui un thé, qui un grog, nous rentrons dans le vif du sujet.

@Marsupilamima a les yeux qui pétillent, elle nous réserve un tour à sa façon… Elle a choisi de nous parler non d’un livre mais d’un auteur ! A l’occasion de la sortie de calligraphie des rêves chez Christian Bourgois, elle nous présente Juan Marsé. Fils d’un chauffeur de taxi et orphelin de mère, élevé par un couple adoptif, il a commencé à écrire vers l’âge de 20 ans. Son œuvre est inspirée par la Barcelone d’après Guerre Civile, dont il réalise une peinture sociale forte. Parmi ses romans, @Marsupilamima recommande Adieu la vie, adieu l’amour (titre très mal traduit de l’espagnol) et Un jour je reviendrai. J’ai lu ce dernier ainsi que des lézards dans le ravin, et j’aime beaucoup cet auteur, autant pour des raisons personnelles que littéraires. 

@Phildp, lui, a acheté une liseuse numérique ! Voilà bien un sujet qui fait débat. Pour lui l’expérience est positive : depuis qu’il en a une, il lit plus et plus vite. Au lieu des 3 à 4 livres sur le feu à la fois, il en a jusqu’à 12 ! J’avoue que j’en serai incapable…
Cependant le livre dont il a choisi de nous parler est un livre papier : Ti-Puss, d’Ella Maillart. Ecrivain et voyageuse, Ella Maillart a entrepris une traversée de l’Inde avec une chatte qui lui a été donnée. Cette expérience était une quête spirituelle, le livre est aussi le récit d’une rencontre avec cette chatte, dont on se sait pas bien si elle révèle l’auteur à elle-même, ou si l’auteur investit le chat de sa quête. @Phildp a choisi ce livre car il est « passionné de littérature féline » ! En dehors de @schaptal, personne ne savait que ça existait… Ils finissent par se livrer sous nos yeux ahuris à une partie de ping-pong endiablée, citant des tas de titres de romans de littérature féline… Dingue !

Du coup, c’est @schaptal qui prend la parole. Fan de science-fiction, elle nous surprend d’abord en nous parlant d’un polar… écrit par un auteur de SF ! China Mieville, auteur anglais issu d’une famille communiste, est lui-même engagé à l’extrême-gauche. The city and the city raconte une enquête au cœur d’une ville double, ou plutôt de deux villes imbriquées. Les habitants sont dressés à ne « voir » que celle à laquelle ils appartiennent. Hors le cadavre qui ouvre le polar aurait « franchi » la séparation… Dans ce livre kafkaïen, il n’y a pas de mur comme à Berlin, le mur est dans la tête des citoyens… Mystérieux, non ?

@Fleurdebitume va nous étonner aussi. Cette fois-ci, foin de livre historique, La maison Matchaiev, de Stanislas Wails aux ed Serge Safran se passe de nos jours. Trois jeunes adultes, deux frères et une sœur, perdent leur père qui se suicide en leur laissant une maison dans la Nièvre. Que faire de cette maison et de son contenu ? Cette question interpelle celle de leur identité, de l’héritage d’un père russe, de l’histoire et de l’Histoire. Dans ce livre on retrouve du Perec, du Henry James, belles références ! Au-delà de la qualité littéraire, notre ami y trouve des résonances avec son histoire personnelle, liée à une maison en Bourgogne.


Pressée car elle va assister à un spectacle avec @Marsupilamima, @Hippo20 demande la parole. Elle tient à nous parler de Décharges, de Virginie Lou-Nony, aux Ed Actes Sud. Plutôt qu’un long compte-rendu de la looonnnggguuue intervention, voici un lien qu’elle nous a proposé et qui cadre bien avec son avis : http://www.lacauselitteraire.fr/decharges-virginie-lou-nony.html

Et bien c’est mon tour ! @aubonroman a décidé de faire la promotion de Charles Juliet, merveilleux écrivain découvert tardivement, grâce à une soirée Paroles d’Encre. Juliet est un auteur modeste, qui s’est colleté longtemps à l’écriture avant d’ « arriver » à écrire. L’année de l’éveil, partiellement autobiographique, raconte le parcours d’un adolescent enfant de troupe. La dureté de la vie en caserne, la boxe, le rugby, la solitude, l’intérêt que lui porte son chef de section, la découverte de la sensualité avec la femme de celui-ci… Tout dans ce roman est touchant, vibrant, humain. @Fleurdebitume, qui apprécie cet auteur, m’apprend qu’un film a été tiré de ce roman…

Ça y est, cette séance est finie… A quand la prochaine ?

samedi 25 février 2012

Extraits#2: Richard Bohringer

Les personnages de Richard Bohringer essaient d’écrire :

« Paulo était un écrivain qui disait que dès que les mots étaient écrits, ils ne valaient plus rien sur terre. Ils devenaient célestes, une danse païenne qui dirait tout, qui dirait rien. Les mots saignent en silence à certaines heures de la nuit. Un silence hurlant. Écrivain. Il aurait voulu trouver un mot plus modeste. Éructeur, il aimait bien.
En fait il était conteur, il écrivait avec sa voix. Le son des mots. Il était sculpteur de phrases. »

« (..) John n’avait pas dormi de la nuit.
Il avait beaucoup écrit. Il ne resterait certainement pas grand-chose, un fois les corrections faites. Il lui fallait beaucoup de mots, beaucoup de matière, disait-il, pour se transformer en sculpteur de phrases. Il aimait ce moment-là de l’écriture. Sois simple, sois simple surtout, marmonnait-il. Sauve-toi. Sauve ton écriture ».

In : Les nouveaux contes de la cité perdue, Ed. Flammarion