lundi 2 septembre 2013

Une belle expression et son origine


Il y a une catégorie de romans qui me touche : ceux qui mêlent science et littérature. Pleins de raisons à cela : ma « double culture », avec des études scientifiques et un goût prononcé pour la littérature, et aussi le fait que je ne crois pas à la distinction « toi tu es scientifique, toi tu es littéraire » (cf un article déjà publié sur ce thème)

Ces romans sont nombreux, et parmi eux je recommande tout particulièrement Denis Guedj, qui a évoqué la mesure du mètre par Delambre et Méchin, la naissance du zéro, et tant d’autres aspects des maths…

Une biographie de Copernic par Jean-Pierre Luminet, astrophysicien de son état, vous pensez si ça parait séduisant ! Un peu déçue par le livre, mais dedans j’ai fait une découverte…

Les théories les plus anciennes, celle de Ptolémée et Aristote, plaçaient la terre au centre de l’univers. Mais leurs calculs ne permettaient pas d’expliquer le parcours apparent des planètes dans le ciel terrestre. Ils ont alors introduit plein d’artifices mathématico-physiques pour faire coller le calcul et l’observation, pour… « sauver les apparences ».

Incroyable ! Cette expression que nous employons si couramment, qui traite du comportement social, vient des sciences ! Sauver les apparences, au fond, à l’origine, c’était sauver un système de pensée, celui qui faisait que le Soleil tournait autour de la Terre !

Copernic était chiffonné par ce sauvetage des apparences. Ses observations astronomiques lui laissent penser que les planètes tournent autour du Soleil, il invente l’héliocentrisme. Mon autre découverte à la lecture de ce livre est qu’il n’en n’a jamais apporté la preuve scientifique. Non pas que le côté hérétique de sa théorie l’ait effrayé (quoi que…) mais surtout… ses calculs ne collaient pas très bien avec l’observation. Il fut donc obligé d’ajouter quelques artifices dans son système pour… sauver les apparences, lui aussi !

Que sont les apparences : des moments du mouvement des planètes dans notre ciel ou elles semblent repartir en arrière, au lieu d’aller toujours dans le même sens. On sait aujourd’hui que cela est du à leur course elliptique et non pas circulaire autour du Soleil. Si Copernic fut un grand visionnaire, et un grand savant, il n’a pas pensé aux ellipses et a du continuer à sauver ces apparences.

La prochaine fois que, en public, vous « sauverez les apparences », par exemple que vous sourirez à tous vos amis alors que vous venez de vous engueuler avec votre conjoint ou votre enfant, ou que vous prétendrez adorer cette exposition à laquelle vous avez été invité et dont vous vomissez le moindre objet, ayez une petite pensée pour les savants grecs, ou polonais, qui ont tenté de sauver les apparences avant vous. Eux tentaient de sauver un système. C’est peut-être un peu plus grand, même si l’obstination n’est pas bonne conseillère en matière de sciences.

vendredi 30 août 2013

Petits bonheurs de lecture #5: El ultimo lector, David Toscana



Deux fois déjà ce livre a été mentionné  sur ce blog: lorsque j'ai évoqué mes choix de livres pour l'été, et récemment en faisant mon compte-rendu des lectures du même été. 

C'est une sorte de roman policier étrange ou le héros cherche la solution d'un crime dans des romans... Et donc, les romans sont souvent mentionnés. Mais pas seulement. L'action se déroule dans un village aride, pour ne pas dire desséché, du Mexique. Un endroit qui fut il y a bien longtemps submergé par les eaux marines. Un thème qui permet à l'auteur de sublimes descriptions. 

A vous de juger !


« Il suffisait de se pencher et d’observer la surface de près pour distinguer des coquillages marins, des hélix, des trilobites et des nautiles. La végétation elle aussi était étrange, ici et là croissaient des plantes élancées pourvues de dizaines de bras qui tentaient de toucher le ciel, se levaient et dansaient au rythme que le vent leur imposait comme des algues qui se balanceraient au gré du courant, désireuses de caresser la surface. Les roches, éparpillés un peu partout sur le sol, étaient disposés d’une manière qui ne pouvait s’expliquer que dans l’eau, car ils n’étaient pas enterrés mais posés ».

« Les romans ne racontent que des mensonges. Si j’approche ma main du feu et que je me brûle, lui dit un homme, je me brûle. Si je prends un coup de couteau, je saigne. Si je bois de la tequila, je me soûle, mais un livre, ça ne fait rien, à moins qu’on me le jette à la figure ! »

« Lucio respecte les fourmis pour leur persévérance à se construire leur propre palais. En revanche, il déteste l’opportunisme des cafards, qui prennent d’assaut n’importe quel conduit, caverne, égout ou entassement de livres. Toutefois c’est précisément ce mépris qui l’encourage à les élever et à les nourrir dans la pièce voisine où il jette les livres censurés, considérant que telle doit être leur fin ignoble. Le feu ne lui semble pas un châtiment approprié, car il confère à un livre prétentieux l’utilité de produire de la chaleur, la gloire de devenir lumière. L’enfer doit être quelque chose qui consume lentement, parmi l’urine et les mâchoires qui avec ténacité réduisent en miettes couvertures, jaquettes et photographies d’auteurs immortalisés, les hommes dans une pose intellectuelle, les femmes dans leur désir de beauté. »

« Il y aura toujours plus de livres que de vie ».

mercredi 28 août 2013

Compte-rendu de mes lectures de l’été


Comment ça se passe, vos lectures de l’été ?

A l’ombre d’un parasol, un verre à la main ? Sur la plage ? Le soir, à la fraiche ?

De mon côté, vous vous en doutez, c’est un peu n’importe quand, n’importe comment… Cet été il y a eu plusieurs variantes. Pendant une semaine de canicule en Haute-Garonne, version campagne, des heures de lectures à l’ombre des arbres, l’après-midi, en attendant un hypothétique rafraichissement de l’air. Puis il y a eu une période de montagne et randonnée, avec lecture dans les trous entre deux balades, pour laisser les jambes se détendre. Enfin, une semaine chez moi, bricolage, cuisine, balades en vélo et… lecture, bien sûr ! 

il manque un livre... déjà prêté... à ma fille :-)


Au bonheur des Dames, Emile Zola

Je suis une fan de Zola. Très intéressée par son grand projet des Rougon-Macquart : étudier comment la folie de l’ancêtre, Adélaïde Fouque, se transmet de génération en génération, se modifiant mais toujours présente. Sa description impitoyable de la société de son époque rajoute une dimension passionnante dans ses romans.

Dans celui-ci, on retrouve Octave Mouret, dont l’ascension a débuté dans Pot-Bouille. Il est devenu le créateur d’un grand magasin tentateur, qui rend folles les femmes en les attirant vers des articles dont elles n’ont pas vraiment besoin.

Hélas, j’ai été déçue par cette lecture. Tout Zola est là : son style, ses préoccupations sociales, ses formidables descriptions, et pourtant…  En faisant du magasin  son personnage central, il oublie Octave Mouret, qui bénéficie d’une sorte de tendresse coupable de l’auteur : ce Rougon-Macquart travaillé par l’argent et les femmes ne chutera pas à la fin du roman, ne sombrera pas dans la folie, et même obtiendra l’amour de celle qu’il a attendu pendant des années.  Cette fin presque trop romantique ne sied guère à notre Zola.

Mais rendons-lui grâce d’avoir fait du Bonheur des dames une incroyable machine à broyer les volontés des acheteuses. Ce commerce « moderne »  est toujours le nôtre, sachant nous faire croire que nous avons un réel besoin de ce nouveau (manteau) (parapluie) (mouchoir) (foulard) alors que, au fond… Bref, le commerce est toujours une fabuleuse machine qui exploite nos travers.

El ultimo lector, David Toscana

Voir la critique de Chalipette sur son blog, c’est elle qui m’a donné envie de lire ce roman et elle est… pertinente, tout simplement. Cliquer ici.

Ma vie chez les Sioux, Fanny Kelly

Je lis essentiellement (et même presque exclusivement) du roman. Alors quand j’ouvre un témoignage, un récit, un essai, j’ai parfois du mal. Dans ce livre Fanny Kelly fait le récit de sa vie parmi des Sioux après son enlèvement, en juillet 186…. alors qu’elle se rendait vers l’Ouest au sein d’une petite caravane brusquement attaquée. Pendant cinq mois, elle vécut captive chez ces Indiens, souvent maltraitée, toujours apeurée, mais tentant de comprendre les « sauvages » auxquelles elle devait se soumettre.
Je suis passionnée, je devrais dire fascinée, par la culture indienne. Les cultures même, puisqu’il existe de nombreuses nuances d’un groupe à l’autre, voire de grandes différences entre les indiens des forêts de l’Est et ceux de Grandes laines. J’ai lu pas mal d’ouvrages récents, des romans écrits par des amérindiens, des essais écrits par des indiens d’aujourd’hui.

La richesse du livre de Fanny Kelly vient de ce qu’il a été écrit juste après les événements qu’il relate, à une période ou blancs et rouges se connaissaient mal, ne se comprenaient pas, et se faisaient la guerre. Incontestablement une période difficile. L’héroïne est une toute jeune femme, croyante fervente qui recommandera son âme à Dieu de nombreuses fois. D’esprit ouvert, elle reste néanmoins fortement imprégnée par se culture, persuadée de la supériorité de mode de vie de la race blanche, et convaincue d’avoir affaire à des monstres.

Son point de vue et son récit sont passionnants, ils font toucher du doigt l’abîme qui séparait les deux civilisations en présence, et montrent à quel point toute communication était impossible. Le regard que chacun porte sur l’autre est marqué pas ses propres croyance, sa vision du monde.

Fanny Kelly a connu un véritable calvaire. Elle a perdu lors de cet enlèvement sa fille adoptive. Elle a eu peur, froid, mal. Mais elle ne tire pas de morale de ce parcours. Elle raconte, pour dire aux autres, et ne semble pas envahie par la haine ou la soif de vengeance. Cela donne à son récit une force étonnant.

Calligraphie des rêves, Juan Marsé

Quel beau titre ! Et pourtant… j’ai mis longtemps à me décider. Il faut dire que j’avais lu trois livres de cet auteur : des lézards dans le ravin, un jour je reviendrai, et les nuits de Shanghai. J’avais trouvé qu’il racontait toujours un peu la même histoire : des adolescents dans les années d’après-guerre civile à Barcelone, avec des pères (ou des figures paternelles) absents.

Deux personnes m’ont incité à lire ce roman : Martine, lectrice du canal hispanophile, et mon père, qui est revenu à la charge deux années de suite. Et bon, je dois le dire, ils ont eu raison. Formidable ce livre ! Une écriture fluide, légère même pour décrire un quotidien lourd, poétique, fine… J‘ai corné plein de pages de mon édition de poche. Ça veut dire que j’ai relevé plein de phrases ou de passages à partager avec vous, dans une rubrique du genre « petits bonheurs de lecture ».

De quoi ça parle me direz-vous ? Un jeune adolescent, Ringo, est élevé par des parents adoptifs dans la Barcelone de l’après-guerre civile. Il est apprenti joaillier, rêve d’être pianiste, mais un accident lui fait perdre un doigt et réduit ses rêves à néant. Il s’y accroche néanmoins, ainsi qu’à l’envie d’écrire. Errant dans son quartier, Gracia, il observe les habitants et leurs extravagances, et les déshérités qui y passent. Les absences mystérieuses de son père, chasseur de rats bleus, sont pour lui une énigme.

Ce roman est le plus autobiographique de Juan Marsé, qui refuse d’écrire sa propre histoire, disant que tout est dans ses textes. En particulier, l’épisode fondateur de l’ »adoption » du petit héros est tiré de sa propre vie et éclaire toute son œuvre d’un jour différent.

Ringo vit sous nos yeux une trajectoire initiatique, celle qui le fera passer du monde doux de l’enfance à celui, forcément très dur en ces temps de dictature, des adultes. Ses rêves, ses maladresses, ses doutes le rendent attachant et font de lui un personnage fort, qu’on n’a pas envie d’oublier.

Je ne m’appesantis pas plus : vous l’aurez compris, ce livre devrait absolument faire partie de votre liste à lire !

A ce stade de ma pérégrination estivale, j’étais rentrée chez moi. Un livre que j’ai reçu en cadeau pour mon anniversaire m’attendait, et m’a tentée. J’ai donc laissé de côté la couleur des sentiments de Kathryn Stockett et Cinq semaines en ballon de Jules Verne pour m’y consacrer. Que ces deux romans me pardonnent, je les lirai ensuite ! Et voici donc…

La fabrique des livres, Erik Orsenna

Ici encore un joli titre, et également une belle couverture illustrée comme tout le livre par Camille Chevrillon. Le résumé, écrit par l’auteur, me semble refléter juste ce qu’il faut le livre, sans trop en dévoiler :


« Comment fabrique-t-on les mots ?
Jeanne, l'héroïne de La grammaire est une chanson douce, a sa méthode : pour expliquer, elle raconte.

Il était une fois un dictateur qui trouvait son pays trop bavard. Il était une fois le Capitan, vieux navigateur et collectionneur de dictionnaires. Il était une fois deux soeurs virulentes, l'une aimant le grec et l'autre militante du latin. Il était une fois un trafiquant d'oiseaux rares. Il était une fois un café où les couples se réconcilient, au lieu de divorcer. Il était une fois une mine d'or abandonnée...

Nous avons créé les mots.
Et si les mots, à leur tour, nous inventaient ? »


Écrit comme un conte, voici un livre qui se lit tout seul et qui en quelques pages vous apporte… une grande bouffée d’air frais (et oui,  les mots, ça peut être rigolo, passionnant, enrichissant) et un petit bout de philosophie toute simple mais forte : une langue est un être vivant, qui s’ancre dans le passé mais s’enrichit chaque année de mots venant d’autres langues. Et c’est ainsi que nos mots et notre langue nous racontent.

Ce livre m’a d’ailleurs donné une idée ou deux que je compte développer dans un autre billet.

Et enfin je dois dire que je me suis sentie toute honteuse de découvrir qu’on dix ans, Erik Orsenna a écrit cinq livres consacrés à la grammaire et à la langue : la grammaire est une chanson douce, les chevaliers du subjonctif, la révolte des accents, et si on dansait ? pour finir par la fabrique des mots. Et dire que je n’en connaissais rien ! Il va falloir réparer cette grossière erreur.

Et voilà ! Les vacances sont finies. J’ai commencé hier Cinq semaines en ballon, et acheté deux livres à la boutique du musée des arts premiers, quai Branly à paris : Terres de crépuscule de J M Coetzee et L’empreinte du renard, de Moussa Konaté. Ils vont s’ajouter à ma monstrueuse pile à lire… (qui comme chacun sait est une étagère). Les affaires reprennent !



lundi 26 août 2013

décrochage léger



L’été dernier, j’avais lu « j’ai débranché » de Thierry Crouzet. Pionnier des réseaux sociaux, auteur de plusieurs blogs, il a choisi cependant un jour de décrocher d’Internet, complètement, pendant six mois. La quatrième de couverture fini par cette phrase : Au fil des jours, il nous raconte avec humour ses crises de manque, sa vie « débranchée » puis comment il se reconstruit, en quête d’un art de vivre à l’époque d’Internet. 

Ce livre m’avait marquée. J’avais d’ailleurs eu un bref échange avec lui via Twitter car quelques questions me trottaient dans la tête, mais je dois avouer en avoir oublié l’essentiel. Et comment retrouver des tweets vieux d’un an ?

Bref, sans que ce soit prémédité, en juillet avant de partir en vacances j’ai décidé d’un décrochage. Léger. Un petit décrochage : plus de réseaux sociaux pendant les vacances. Je ne me suis pas interdit l’usage de l’ordinateur : stockage et classement des photos, consultation de la météo et de sites d’informations, vérification des mails pour éliminer ceux qui ne présentait aucun intérêt et répondre aux principaux (ainsi il m’a fallu un échange de plusieurs mails avec une agence bancaire pour obtenir un rendez-vous à une date où je sois disponible... c'est-à-dire hors congés et un samedi). J’ai envoyé un seul tweet, à une amie catalane pour lui signaler ma présence dans les parages, en espérant la voir. Elle n’a  pas répondu, elle devait elle-même être partie…

Qu’en dire ? D’abord qu’un décrochage de trois semaines, et quand on connaît exactement la date ou va raccrocher, ce n’est pas un exploit.  Ensuite, qu’il n’est pas difficile d’être motivée à décrocher quand la plupart de vos correspondants sont eux-mêmes partis. Enfin, que cela ne m’a pas vraiment manqué.

Il faut aussi préciser que j’avais un accès Internet très limité la première semaine, franchement facilité les deux autres mais que je n’avais pas mon ordinateur, je devais utiliser celui de mon compagnon et donc composer avec ses besoins.

En un mot, tout était réuni pour ne pas craquer ! 

Les vacances, c’est fait pour changer d’air, se reposer, voire se ressourcer. Mes vacances, c’est généralement grand air, vie le plus possible au dehors, randonnée, lecture. Pas le temps de s’ennuyer en fait. Et donc pas le temps que les réseaux sociaux me manquent. Cela n’est pas arrivé une seconde ! Je ne me suis jamais demandé si j’étais en train de louper quelque chose (et pourtant je suis ainsi passée à côté d’une info essentielle et triste : la mort trop tôt de JJ Cale). Je ne me suis jamais dit que « ça », il fallait tout de suite que je le partage sur le Net. 

Par contre, j’ai accumulé de quoi écrire quelques articles sur mon blog, des photos à vous proposer sur les réseaux, des envies d’échanges avec vous tous en général et certains en particulier. Voilà la vraie raison de mon décrochage : je me lassais, je me demandais si tout cela servait à quelque chose, si ces échanges m’apportaient une vraie richesse. La réponse est oui, parfois. Mais pour que cette richesse vienne à moi, il faut que j’en apporte aux autres. C’est donc ce que je vais m’attacher à faire dans les prochaines semaines.

Bien à vous, amis gazouilleurs, facebook et autres google+ !

PS : n’oublions surtout pas de rendre à César ce qui lui appartient : c’est grâce à @tulisquoi et ses « livres en fuite » que j’ai découvert le livre de Crouzet, merci Cathy ! sa critique ici

lundi 15 juillet 2013

#lecteursducanal année zéro

ce printemps-là fut beau et fleuri
En farfouillant sur mon "mur" facebook, je viens de retrouver une chouette archive: le bilan, très court de la première rencontre des #lecteursducanal, qui ne s'appelaient pas encore ainsi !

Voici donc le résumé de cette rencontre datée du 21 mai 2011: 





Hier 8 "twittos" amateurs de livres se sont réunis dans le 20ème à paris pour parler de leur livres préférés:
Voici la liste tant attendue les livres préférés ou chaudement recommandés:
@athanorster: Trésors à prendre de Violette Leduc, auteur un peu injustement oubliée
@marsupilamina: Vies Potentielles de Camille de Toledo (un des grands livres de l'année)
@phildp: Hypérion de Dan Simmons, un tel choc qu'il n'a pas lu pendant 1 an après
@schaptal: La nuit des enfants rois de Bernard Lenteric, lu et relu depuis l'adolescence
@fleurdebitume: Les étoiles de Compostelle d'henri Vincenot, belle histoire initiatique
@aubonroman: les soldats de Salamine de Javier Cercas, livre qui me touche au coeur car parle juste de la guerre d'Espagne
@hippo20: 3 livres !!!
1) La mort de Tusitala, Nakajima Atshushi, les derniers jours romancés de Stevenson aux Samoas
2) Battement d'aile de MIlena Agus, roman psychologique et politique
3) Zola Jackson de Gilles Leroy, invité de l'Hippocampe associée le 28 mai à la bibvliothèque M. Duras dans le 29ème
@christogrossi: portraits de femmes magnifiques de Christophe Fourvel, choisi pour sa triste résonance avec l'actualité.

Les autres rencontres ont fait l'objet de long billets:
lecteursducanal #1
lecteursducanal #2
lecteursducanal #3

lundi 8 juillet 2013

Bibliothèque idéale... ou pas



Un jour, j’ai entendu à la radio une chronique sur les livres pour enfant qui évoquait… leur bibliothèque idéale. Ça m'a agacée. Surtout concernant des gosses ! Plus tard, j'ai lu un article sur le site littéraire de Lire interrogeait toute une série d’écrivains sur leur bibliothèque idéale.
Ce concept de bibliothèque idéale me laisse perplexe. Existe-t-il des livres qu'il faut avoir lu ? Des livres qu'il faut avoir dans sa bibliothèque ?  Pour moi il existe avant tout les livres qu'on a aimé, ceux qu'on n'a pas aimé, ceux qui nous ont enrichis.

Et par hasard je viens d'apprendre que Bernard Pivot a écrit un livre sur le même thème. Je ne l'ai pas lu, mais je me suis renseignée.
L'éditeur dit: "La Bibliothèque idéale n'est ni un musée, ni un inventaire, ni un palmarès. C'est un guide amical qui peut aider chacun à ouvrir sa propre route dans l'infini labyrinthe des livres."

"Ouvrir sa propre route", voilà un concept qui me parle !
Mais l'éditeur ajoute "Son audace - ou son excuse - est de présenter, en un volume, l'essentiel de ce qui fut écrit au cours des siècles." Et là je coince. Entendez-moi bien: c'est l'idée qui me gène, pas le choix de livres de Bernard Pivot, dont je ne connais pas la liste mais que je ne peux que respecter compte tenu du grand connaisseur de la littérature qu'il est.
Je l'avoue ici tout net, il est de grands classiques que je n'arrive pas à lire, tout Proust et La chartreuse de Parme par exemple. Mais il est d'autres références qui sont dans mon panthéon.
Et à l'opposé, je confesse lire parfois des livres faciles, simplement parce que lire des chefs d’œuvre tout le temps, ça fatigue.
Je préfère donc retenir l'idée d'ouvrir sa propre route. Nous avons tous besoin qu'on nous propose des pistes, mais ensuite chaque lecteur dispose. Il fait ses choix, bons où mauvais à sa propre aune.
Et donc la bibliothèque idéale, c'est finalement la vôtre, la mienne, n'importe laquelle. Celle qui contient vos réussites et vos échecs de lecteur, les livres qui vous ont transportés et ceux qui vous ont ennuyés
une petite partie de ma bibliothèque...
Ma bibliothèque idéale contiendrait du Zola qui déplait à une des @lectricesducanal, mais contient peu de science fiction alors qu'elle en a des tonnes.
Ma bibliothèque idéale contient quelques auteurs étrangers alors que celle de @chalipette en est pleine (quoique, je me laisse influencer...)
La bibliothèque idéale de mon père contient presque exclusivement des auteurs espagnols et de la poésie.
La bibliothèque idéale d'un autre @lecteurducanal est centrée sur la littérature (parfois un peu oubliée) du 19ème siècle.
Si je ne devais retenir qu'un seul livre, ce serait Quatre-vingt Treize de Victor Hugo. Et si je devais en retenir dix, je devrais faire des choix déchirants.
Enfin bref, vous l'aurez compris, je refuse toute injonction du genre "mais vous devez lire ce livre", et j'accepte tout conseil du genre " vous devriez le lire, je pense qu'il vous plaira". .Et vous comprendrez que pour les enfants, il est encore plus important de les laisser libres de leurs choix, pour que la lecture reste un plaisir, et ne risque pas de devenir une contrainte.
Dites-moi, quelle est votre bibliothèque idéale ?
PS: pour les personnes que j'ai mentionnées, merci de m''excuser si j'ai répondu à votre place. Je vous connais un peu ou beaucoup, mais j'ai pu me tromper, bien sûr...

jeudi 4 juillet 2013

L’arrivée de l’été : l’heure du bilan




Je vous ai déjà fait part à trois reprises de mes projets. Mais c’était il y a déjà un certain temps… Avec l’arrivée des vacances, je me sens un peu à la croisée des chemins, à l’heure des bilans. Quelles furent mes ambitions, qu’ai-je fait ? Et bien sûr, que ferai-je demain ? Commençons donc par mes projets…



En janvier 2012, un premier billet sur ce sujet. Je soumets mes idées au vote et… c’est la fin du monde qui emporte les suffrages ! C’était une vraie chance car c’était bien la fin du monde que j’avais envie d’écrire !

J’ai mentionné ce projet de roman à nouveau dans un billet de juin 2012, intitulé rapport d’étape. Deux autres envies également étaient évoqués : le défi littéraire de Jean-Claude Duponq, et le chêne adolescent.

Enfin, en janvier de cette année, je vous ai confié le projet d’écrire un recueil de sept nouvelles pour le concours de la revue Harfang, en reprenant 6 nouvelles déjà écrites et qui ont besoin d’être retravaillées, et en créant une septième.

Et bien me direz-vous, ou en somme-nous ? Ce bilan, hum ?



La fin du monde s’est produite, publiée fin octobre 2012. Ceux qui me suivent avec attention savent que son succès mitigé m’a un peu découragée. Mais bien d’autres choses ont été faites !





- J’ai relevé le défi de Jean-Claude, un logorallye avec les mots «arbre, cirque, dignité, espace, panser, pression, résorber». Le texte née de ce défi, intitulée Prédestination, a été publiée sur ce blog. Un petit échec au passage : j’avais soumis cette nouvelle au concours de la revue Rue St Ambroise, mais j’ai oublié le chèque de participation ! Vous avez dit acte manqué ?
- Il y a eu aussi la nouvelle Manipulés, publiée sur ce blog en janvier et février, puis sur le site www.welovewords.com
- Je viens de rédiger une nouvelle qui sera présentée au concours de nouvelle de l’association « envie de vous lire » de Viroflay. Postée ce soir, avec le chèque ! Je progresse…
- Le Chêne Adolescent, lui, est resté malade, on ne sait pas s’il sera sauvé ou non. Je dois dire que finir seule une nouvelle écrite à six ou sept m’enchante peu. Vous m’avez tant donné, Jean-Claude (encore toi !), Alain, @lvir, @ilétaitunevoix, @asaouidi ! Je suis au regret de ne pouvoir vous le rendre au centuple...
- J’ai aussi écrit deux textes pour des vases communicants, avec Jean-Claude et Wanatoctouillou.
- Quant aux sept nouvelles, je l’avoue bien volontiers, j’ai laissé tomber. Il fallait une énergie pour cela que je n’ai pas vraiment retrouvé. Je me suis sentie capable de travailler de petits projets, mais pas un chantier d’envergure comme celui du concours d’Harfang.

Et pour la suite ? Si je vous disais que je n’ai pas vraiment de projets ? J’ai recommencé à travailler une des nouvelles qui aurait du faire partie des sept, je finirai cela pour la rentrée, et je vous l’offrirai sur ce blog. J’ai trouvé un ou deux autres concours qui me tentent. Je me laisse le temps… d’avoir à nouveau envie. Envie de quoi, me demanderez-vous ? Il ne s’agit pas seulement de l’envie d’écrire. Ce souhait est toujours là. Mais il faut plein d’autres ingrédients : des idées, des buts, de l'inspiration, du temps… Et je n’ai aucune envie de me battre pour cela. Je vais laisser faire la nature, en quelque sorte. On n’est jamais à l’abri d’un coup de chance, et que tous les ingrédients soient réunis… sans efforts ? Et quoi qu'il en soit, tous les chemins mènent à Rome, même les plus tortueux !