samedi 14 mars 2026

Des livres et du crochet : la production en série

 

Quand une entreprise conçoit un produit, elle cherche généralement à le produire en de nombreux exemplaires, aussi identiques que possible. Pour que chaque client reçoive bien le produit tel qu’il l’a commandé, conforme aux spécifications annoncées. 

Pour des carrés crochetés et bien… c’est pareil.

J’ai choisi un modèle pour commencer, le célèbre « carré granny », qui aux yeux de certain.e.s fait tellement années 70. Je l’ai retenu pour sa simplicité et pour sa plasticité aux couleurs. Sur une base de cinq tours, il est possible d’utiliser une seule couleur ou cinq, et d’organiser les teintes de façon multiples. Ce dont j’ai déjà joué beaucoup !

Après une pause dans me projet, j’ai repris mon crochet et réalisé trois carrés. Et puis patatras ! je me suis rende compte que je n’avais pas fait les mêmes que les précédents !

 

les précédents

 

les carrés ratés

 

Pas d’autre solution que de défaire et refaire, pour garder l’harmonie.

 J’ai quand même de la chance ! Dans l’industrie, quand des pièces ou des produits sont réalisés de façon non conforme, il n’y a souvent qu’une seule solution : jeter. Ici j’ai pu récupérer la laine utilisée pour la crocheter à nouveau. Moindre mal !

 

les carrés refaits

Mais j’en ai tiré une leçon : je dois rester attentive à mes propres décisions et les suivre à la lettre !

Merci de m’avoir suivie dans cette série de 3 billets, je vous tiendrai au courant de la suite ! En particulier, je me pose déjà la question de quelle bordure faire, dans un an et demi ou plus, quand les 81 carrés auront été crocheté et assemblés.🤔

 

samedi 7 mars 2026

Des livres et du crochet : une série de petites décisions

 La semaine dernière je vous proposais un point intermédiaire sur mon projet, en proposant une réflexion sur les différences avec un projet industriel.

Voici aujourd’hui une réflexion sur les similitudes. 

Dans tout projet industriel, on procède au départ à un cadrage : une définition des principes, objectifs, contours du projet. Puis on le lance. L’équipe projet se met en œuvre, déroule ses méthodes, ses outils et… constate assez vite qu’il y a une multitude de petites décisions à prendre au fil de l’eau.

C’est le cas de mon projet. En voici deux qui sont assez structurantes dans ce projet. 


Crocheter et assembler des carrés aux couleurs des couvertures des livres lus, c’est une belle idée mais cela peut amener à positionner côte à côte des livres dont les couleurs jurent, comme sur cette photo.. 

Ah oui, ça me rappelle que j’ai oublié de préciser un des axes directeurs du projet : les carrés doivent être assemblés dans l’ordre de lecture. 

Donc très vite est venue l’idée de doter tous les carrés d’une couleur neutre, la même pour tous. Mon choix s’est porté sur un gris clair, et franchement, c’est mieux quand ils sont positionnés côte à côte, non ? 

 

La conséquence directe, c’est la taille des carrés, légèrement supérieure, et donc le nombre à crocheter, associé au nombre de livres à lire, qui s’en trouve réduit. Ce qui veut juste dire que le plaid sera fini plus tôt, pas que je m’arrêterai de lire. 


Est venue assez vite la question des bandeaux : faut-il les prendre en compte dans le choix des couleurs, ou non ?

 

voici deux exemples. 
 

Vous conviendrez sans doute que ces bandeaux n’ont pas la même vocation. Pour Les éphémères, le bandeau a un caractère purement publicitaire, et n’ajoute rien à la couverture. Pour Les preuves de mon innocence, le bandeau contient une image absente de la couverture, et donc lui donne une autre tonalité. Après réflexion, le choix est de prendre en compte le bandeau seulement s’il contient une image que la couverture ne contient pas.

 


 Cela avait déjà été le cas par exemple pour Le tout

 

 

Combien de décisions devrai-je encore prendre ? A combien de petits cas de figures inattendues serai-je confrontée ? Impossible à dire, mais c’est aussi cela qui fait le charme de ce projet.

 La semaine prochaine, je parle des contraintes de la production en série.

samedi 28 février 2026

Des livres et du crochet, la suite

 Vous vous souvenez peut-être de mon projet de plaid fait de carrés crochetés aux couleurs des couvertures de livres que j’ai lu. Il a commencé avec le premier livre lu en 2025 et se poursuit, je vous en ai parlé ici.

Je viens d’assembler les carrés 19 à 27. C’est chouette mais on est loin des 81 carrés pour une couverture de taille raisonnable.

Dans ma liste de livres 2025, il en reste 5 qui n’ont pas encore reçu leur carré, et un carré attend ses camarades. Et dans ma liste 2026, j’ai lu seulement 5 livres ! Note à moi-même : c’est bizarre, tu n’en aurais pas oublié un, qui n’aurait pas été noté dans ton fichier ?

Bref, à ce stade d’avancement de mon projet ça donne les chiffres suivants :

  •          27 carrés assemblés
  •      28 carrés crochetés
  •      10 carrés à crocheter
  •      Encore 43 livres à lire et à crocheter.

Au-delà des bilans chiffrés, je ne peux pas m’empêcher de faire une analogie avec un projet industriel, comme j’en ai vécu beaucoup au cours de ma carrière.

Les similitudes sont nombreuses, les différences aussi.

Aujourd’hui je vais parler des différences. Dans d’autres billets j’évoquerai les similitudes.

Un projet industriel commence toujours par (entre autres), une contrainte de temps : le nouveau produit doit être mis en production à telle date pour être vendu à telle date. C’est essentiel pour arriver sur le marché au bon moment : celui qui va correspondre à une attente des clients, celui qui permet de ne pas être doublé par un concurrent, celui qui assure la pérennité financière de l’entreprise.

Pour moi le temps est une conséquence. L’objectif est de faire un plaid aux couleurs des livres que j’ai lus, pour m’amuser. Pour pouvoir m’envelopper dans ce plaid en regardant la télé, il lui faut certaine taille. Compte tenu de la taille unitaire d’un carré, je dois en crocheter 81, et compte tenu de ma vitesse de lecture, il faudra deux ans et demi en tout.

Dans l’intervalle je pourrai me réchauffer autrement, ce n’est pas grave. Le temps n’est pas une contrainte. Le plaisir oui.

Lorsque l’industrie lance un nouveau projet, elle lui affecte généralement un budget. Si je m’étais imposé cette contrainte, cela aurait signifié utiliser une quantité de pelotes définies à l’avance, avec des couleurs imposées. Donc de choisir des livres dont les couvertures utilisent des couleurs présentes dans mon stock.

Et bien non. Le plaisir de lire, c’est aussi le plaisir de choisir chaque livre librement, sans contrainte. Ce qui m’impose régulièrement d’acheter de nouvelles laines pour crocheter les bonnes couleurs. Ce constat a fait germer l’idée d’un deuxième plaid, fait à partir des laines qui resteront à la fin du projet en cours. Avec un motif et un assemblage des couleurs différents. Pour que ces achats aient été utiles jusqu’au bout.

La semaine prochaine, un billet consacré aux prises de décisions au fil de l’eau. Puis un consacré à la production en série.

lundi 12 janvier 2026

le genre post-apocalyptique

 

J’aime bien les romans post-apocalyptiques. Je ne suis pas une spécialiste du genre, loin de là ! Une amatrice. Ayant envie d’approfondir, j’ai fait un tour sur une liste Babelio : je ne connais aucun des ouvrages cités ! Bon, il existe d’autres listes ou je me retrouve un peu plus. Bref, je suis une curieuse qui ne revendique aucunement l’exhaustivité.

  
quelques uns des livres cités ici
D’ailleurs, je vais m’autoriser à être un peu critique de ces listes. Pas mal d’entre elles  proposent des livres de SF, certains très très bons, comme 1984 de George Orwell, ou Fahrenheit 45 de Ray Bradbury. Mais soyons clairs : ce ne sont pas des romans post-apocalyptiques. Rentrent dans cette catégorie les œuvres (littéraires ou cinématographiques) qui dépeignent la vie après une catastrophe ayant détruit la civilisation, ou comment une poignée de survivants essayent de reconstruire quelque chose dans un monde effrayant, chaotique.

Et c’est bien cela que j’aime : l’étude que fait l’auteur ou l’autrice du devenir des rescapés, la façon dont ils réagissent, individuellement et collectivement, leurs tentatives de recréer une société, quelque chose dont le sens peut parfois échapper aux lecteurs que nous sommes, confortablement installés dans leurs canapés.

On retrouve quelques traits communs à presque tous ces romans. Le premier est la violence qui nait du besoin de survie, de la peur de l’autre, et des bas instincts supposés de l’espèce humaine.

Ensuite, beaucoup d’auteurs dépeignent la nature comme devenue hostile, par exemple quand la catastrophe est une pandémie ou une attaque « chimique ». L’exemple le plus frappant est peut-être le tome 1 de la BD L’Éternaute. A l’opposé, d’autres récits montrent des humains qui se rapprochent de la nature, réapprennent à cultiver et à se nourrir par eux-mêmes.

Voici une liste des livres que j’ai lus (dans aucun ordre !)

Nota : pour chacun je vous laisse consulter le résumé sur votre site littéraire préféré

L’année du lion, Deon Meyer

Dans la rubrique violence, ce texte est champion ! Mais sa grande force est la description d’une relation père-fils qui se construit dans le monde d’après la catastrophe.

La route, Cormac McCarthy

Un des grands ouvrages du genre, qu’on ne présente plus. Un livre magnifique, que je suggère à tous, même si l’anticipation ne vous attire pas, car ce n’est pas le sujet.

Et toujours les forêts, Sandrine Collette

Un retour à la terre forcé, et presque fortuit. Un roman qui évoque une catastrophe écologique sans le dire – le monde brûle- et imagine des conséquences terribles.

La constellation du chien, Peter Heller

Ici le monde post-apocalyptique est devenu assez hostile et survivre est devenu un art. Et au milieu de cet univers insoutenable, une grande amitié s’est construite entre deux hommes très différents. Du point de vue de l’étude de l’âme humaine, très puissant.

Ravages, Barjavel

Titre inévitable dans une telle liste. La description de l’effondrement de la civilisation quand l’énergie disparait est bluffante. La question de la survie, du renouveau est centrale mais hélas débouche sur un embryon de société ou les femmes sont renvoyées à un simple rôle de pondeuses, cette fin gâche tout.

Dans la forêt, Jean Hegland

Voilà un roman auquel je n’ai pas accroché, ou pas vraiment. Pourtant la relation avec la nature, ou la réappropriation par les deux sœurs héroïnes du roman est bien décrite, mais un truc mal identifié m’a laissée au bord.

L’orage qui vient, Louise Mey

On pourrait qualifier ce roman d’anti-Ravage : il se déroule dans une société restreinte à un hameau composée de femmes qui s’en sortent très bien toutes seules. L’arrivée d’un homme va tout bouleverser. Un zeste d’inspiration de Les proies, film de Clint Eastwood de 1971, mais cela évolue très différemment. La particularité de ce roman, on ne sait rien de la catastrophe, en hors de son nom, la Rétractation.

Mes recherches sur le sujet m’ont donné quelques idées pour d’autres lectures, comme Station Eleven de Emily St John Mandel, ou Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philippe K Dick, que ma moitié vient de lire et qui a inspiré Blade Runner, et enfin un roman de José Saramago, L’aveuglement. A lire absolument, tant la plume de cet auteur m’avait enthousiasmée à la lecture de La Lucidité.

D’où me vient cette attirance pour ce genre, me demanderez-vous ? Difficile de répondre à cette question. Mais certains d’entre vous se rappelleront peut-être qu’en 2012, j’ai écrit deux « novellas » inspirées de la supposée prédiction maya de fin du monde le 21 décembre 2012. Deux versions possibles d’une fin du monde laissant naître un autre monde. Peut-être ai-je simplement eu envie de découvrir comment d’autres pouvaient envisager le monde d’après. Et le plus souvent, je ne suis pas déçue !

Et toi cher lecteur, aimes-tu ce genre ? Dis-moi tout en commentaire !

Nota : si vous voulez en savoir plus sur mon livre, la présentation sur le site de l’éditeur ici, et une critique